Madame Hervé blogue

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Mme Hervé ?

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vendredi 4 mai 2012

Réunionite illusoire pour une fusion annoncée

Les préparatifs de la fusion du Centre LGBT et de l'Inter LGBT se poursuivent dans l'indifférence générale. La suite du feuilleton raconté par notre Kroniqueuse.

Les premiers épisodes de ce feuilleton :
Episode 1 : Le combat pour un autre Centre LGBT
Episode 2 : Mettre de l'ordre dans le mille feuille associatif.

Je me suis donc rendu hier à l’ultime réunion de préparation de la fusion entre le Centre LGBT et l’Inter. Cette fois était annoncée « la finalisation » du projet. Pour l’occasion nous avons eu droit à un exposé (toujours avec ce satané power point) d’une professionnelle juriste (budget de la prestation entre 6 et 7000 euros). Elle a présenté toutes les hypothèses, et j’ai surtout noté qu’elle employait à présent sans complexe le terme de « fusion ». Adieu donc le rapprochement ! On ne sait pas trop qui va absorber l’autre, mais au niveau du fonctionnement il est clair que c’est l’Inter qui impose au Centre un fonctionnement très subtil : un CA de personnes physiques, un conseil d’orientation dominé par les personnes morales et beaucoup de réunions-débats en perspective. J’ai trouvé que le tout était encore bien approximatif et compliqué : imaginez une répartition de l’assemblée par collèges de membres différents, assorti d’une pondération pour compenser l’absence possible des représentants des associations. Si comme moi vous n’y comprenez rien, ne vous inquiétez pas car le Président de l’Inter nous a encouragé à nous lâcher : « il n’y a pas de questions bêtes » a-t-il dit. J'ai souris car j'ai pensé : non, c'est juste le projet de fusion qui n'est pas très malin.

La discussion est restée très technique, il va sans dire qu’à aucun moment la question du pourquoi d’une telle fusion ne leur a effleuré l’esprit. On a parlé fonctionnement, gouvernance, modalités d'adhésion. Pour quoi faire ? La même chose qu’avant, mais plutôt que d’avoir deux associations spécialisées on en aura qu’une. Parce que soit disant, l’union fait la force : « Tous ensemble, tous ensemble ! »

Ce qui était clair est que pour l’instant cette union a des allures de peau de chagrin ! Dans la salle des mariages de la Mairie où se tenait la réunion (un symbole a cru bon de souligner la juriste rémunérée), il y avait en tout et pour tout une trentaine de personnes, plus de la moitié faisaient partie du groupe de travail, du CA du Centre ou de l’Inter. J’ai bien compté, au moins 5 ou 6 associations représentées, sur plus d’une centaine adhérentes des deux structures, cela ne fait pas beaucoup !

D’où ma question ? Pourquoi cet entêtement ? L’indifférence générale des associations LGBT pour cette fusion est flagrante. C’est la troisième réunion qu’elles ignorent ! Mais les technocrates s’en moquent, ils ont conçu cette fusion et iront jusqu'au bout, quitte à se retrouver sans troupes.

jeudi 3 mai 2012

Moi Président de la République

Moi Président de la République je lancerai à Paris un grand festival d'accordéon international, je laisserai utiliser tous les samedis soirs les cours de récréation des écoles pour y organiser des bals musette ou des boums (sans alcool). Ainsi en faisant la fête dans tout Paris, il n’y aura plus à l’entrée des boîtes ni files d’attente, ni ségrégation.

Moi Président de la République je réformerai la Sacem pour que les droits d’auteurs soient répartis plus équitablement (pas tout à Johnny, Madonna ou Gaga, mais plutôt aux petits qui débutent). Je mettrai un peu d’ordre dans le droit des successions pour forcer Orlando à offrir gratuitement au public le répertoire intégral de sa sœur et arrêter de nous sortir une nouvelle compilation inédite tous les ans !

Moi Président de la République je porterai le ruban rouge en guise de légion d’honneur, et je taxerai très fortement toutes les dépenses de publicité des laboratoires pharmaceutiques.

Moi Président de la République, je prendrai au moins un ministre ouvertement séropositif(ve), un autre transsexuel(le).

Moi Président de la République j’autoriserai toutes les fantaisies en matière de plages horaires dans les piscines municipales : une heure pour les naturistes, une autre pour les gros, une pour les pédés qui aiment être en maillot de bain, une pour les gouines radicales, le lendemain pour les familles avec enfants etc. L'unique plage horaire interdite sera celle pour les seuls riches (ceux là ont déjà leurs piscines privées dans lesquelles il font ce qu’ils veulent).

Moi Président de la République j’instituerai dans les écoles la journée du travestissement pour éduquer nos enfants à la notion de genre. Chaque garçon recevra un tube de rouge à lèvre et chaque fille une cravate (on variera les symboles selon les années).

Mais je ne serai jamais Président de la République, je suis juste Taulière d’un bastringue ringard. Alors sincèrement je vous souhaite une belle fête ce 6 mai, et si possible au son de l’accordéon !

Madame Hervé au bal des travailleurs, veille du 1er mai.

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vendredi 13 avril 2012

Le MEGA CENTRE pour mettre de l'ordre dans le mille-feuille associatif

Suite du feuilleton sur la fusion Centre-Inter LGBT, notre kroniqueuse assistait à la réunion d'information d'hier soir. Au programme : présentation de l'organigramme et de la gouvernance... Le tout signé : power point, le logiciel qui remplit les creux de la pensée.

S’est donc tenue hier soir une réunion de présentation du projet. Moi je m’amuse parce que dans cette histoire, une chose est certaine, rien qu’à observer la manière dont ils s’y prennent pour nous faire avaler leur fusion, on a une idée de ce que cela va être.

La réunion était prévue depuis plus d’une semaine, mais c’est le jour même que l’on a reçu le document Power Point, lequel nous a été présenté pendant plus de 30 minutes au cas où nous ne saurions pas lire. Ah quel beau projet : organigramme détaillant toutes les futures actions des trois pôles (publics, inter-associatif et revendicatif), chaque pôle étant lui-même décomposé en plusieurs équipes, l’ensemble chapeauté par une gouvernance hyper simple, d’une part une AG annuelle, qui élit un CA détaillé, mais aussi un conseil d’orientation qui décide des affaires stratégiques. On a entendu le beau vocabulaire du Président de l’Inter : « temporalité », « synergie », « légitimité de son pôle pour candidater », « sanctuariser certaines fonctions », la mise en place de « fundraising ». Il me faisait un peu penser aux personnages de la World Company dans les guignols, en moins drôle bien sûr.

Pour éviter l’ennui je me suis amusé à compter les personnes présentes dans la salle (une petite trentaine), et je me suis dit qu’au moins avec tous les postes de responsables prévus, tout le monde pourra trouver sa place. Quoique la Présidente du Centre nous a expliqué que pour elle toutes ces responsabilités avaient été « une souffrance » (la salle était émue). Le nouveau conseil d’administration prévoit une vingtaine de personnes. En revanche il ne leur faudra pas avoir de vie privée, étant donné toutes les réunions en perspective : équipe, pôle, conseil d’orientation, CA, bureau. Y’a un côté soviétique, mais l’autogestion pourquoi pas, c’est sympa ! Sauf que si j’ai bien lu, cette fois ce sont les associations qui auront le dernier mot. Comme l’a dit le Porte parole de l’Inter à l’AG du Centre, « l’inter c’est la tête, le Centre les jambes », dans le Méga Centre les petits volontaires bien mignons n’auront qu’à suivre les orientations stratégiques du grand conseil, leur voix sera minoritaire, presque consultative (2/3 pour les assocs, 1/3 pour les personnes physiques).

La discussion a commencé. Tous les intervenants ont été d’une politesse surprenante : « bravo pour votre énorme travail, quel beau projet ! » (Ils sont hypocrites ou quoi ? Ce projet est un délire de technocrates totalement déconnectés de la réalité du travail quotidien des associations, il n’a pas d’autre objectif que de satisfaire l’ambition personnelle de quelques-uns qui nous ont montré leur efficacité en dépensant des dizaines de milliers d’euros pour s’organiser un meeting qui a fait un vrai flop médiatique, pourtant grand objectif affiché avant sa tenue). Y’a bien eu quelques questions qui se voulaient gênantes (« mais pourquoi donc être si pressés de faire passer ce projet ? ») mais le porte parole de l’Inter, qui a toujours le sens de la bonne formule a tout expliqué, pourquoi ce projet si rapide ? « Pour simplifier le mille-feuille associatif » a-t-il dit, en ajoutant qu’à Nantes, ils étaient unis, eux, et qu’ils trouvaient insultant nos petites discussions et hésitations.

Il a oublié de dire qu’à Nantes, il n’y avait pas plus d’associations que celles qui étaient présentes dans cette réunion, et qu’un printemps des associations à Nantes tiendrait dans le rez-de chaussée du Centre LGBT de Paris. Tiens c’est vrai, pouvons-nous suggérer à ces grands concepteurs de l’avenir du mouvement LGBT français de s’interroger : pourquoi ce « beau projet » ne suscite décidément aucun élan collectif ? Pourquoi rament-ils autant avec leurs diaporamas power point ? Leur idée ne serait-elle pas tout simplement mauvaise ?

Je suis parti avant la fin de la réunion, affamé. J’avais envie d’aller croquer un beau mille-feuille, un bien gros, quand on croque dedans la crème déborde et se répand partout. Ce n’est pas propre, mais qu’est-ce que c’est bon !

lundi 2 avril 2012

Commerçant et militant

Madame Hervé n'aime pas que l'on fasse atteinte à son honneur. Son cri du jour : commerçant ET miliTANTE, et fier de l'être !

Hier dimanche 1 er avril je suis allé parcourir le salon des associations lgbt. Savez-vous pourquoi ? Parce je suis « intéressé de façon financière et commerciale, directement ou indirectement », car « ma clientèle au Tango est constituée en grande partie de membres de ces associations », parce que je « pratique le mélange des genres », et personne autour de moi ne relève « ce grave manquement à l’éthique ».

Ben oui, c’est ce qu’a dit à mon sujet la Présidente du Centre LGBT lors de la dernière assemblée générale le 3 mars dernier, et qu’elle n’a pas eu honte de répéter sur son blog sur Têtue.com. Elle a aussi dit qu’en organisant au Tango les thés dansants le dimanche pour les associations lgbt je pouvais les tenir et les avoir sous mon pouvoir ! (Les dites organisations apprécieront) Vous vous rendez-compte, Madame Hervé parrain du milieu LGBT ! (oui ce terme insultant est masculin !). Quel dommage que je n’ai pas les moyens d’un Pierre Bergé, là je pourrai m’en donner à cœur joie !

J’en rigole aujourd’hui parce que j’ai digéré ce coup bas assez dégueulasse (parfois seul le vocabulaire cru est le plus approprié), mais le soir de cette assemblée générale cela m’a fait chialer. Incroyable ma sensiblerie sur cette question de l’argent ! Un relent de mes lectures de Karl Marx ? Ou un effet secondaire de mon éducation catholique ? Probablement les deux à la fois ! Ma culture d'origine est loin d'être celle du commerce.

Tenez par exemple, j’ai un côté économe, je n’aime pas trop les dépenses ostentatoires, ni les flambeurs. Et quand je vois les difficultés financières actuelles du monde associatif, je regrette que les militants gays aient choisi le week-end du sidaction pour dépenser autant d’argent pour organiser un meeting électoral aux Folies Bergères (au moins 25000 euros m’a-t-on dit, soit plus que les 20.000 euros de la subvention annuelle du sidaction attendue au Centre lgbt en 2012). Ils m’ont dit : « c’était une belle soirée, émouvante ».

Et j’ai pensé : décidément, je ne suis pas moderne, car il n'y a pas si longtemps, pour communiquer et nous rassembler, on organisait aussi des belles soirées, c’était des fêtes, il y avait aussi des prises de parole… (sans remonter au Palace de 1981, ni aux fêtes d'après Gay Pride, de la Mutualité au Cirque d'hiver, en passant par l'Aquaboulevard, ou encore les galas pour Act-Up, etc.). On en garde aussi de très bons souvenirs, à la différence près que ces soirées étaient organisées pour gagner de l'argent, pas pour en dépenser ! On ne comptait pas sur les subventions pour militer.

Mince ! Est-ce donc parce que je suis un affreux commerçant que je pense ainsi ?

jeudi 29 mars 2012

Le combat pour un autre Centre LGBT

Ne ratez aucun épisode du feuilleton lgbt-esque de l’année : la fusion du Centre LGBT Paris ÎdF et de l'Inter LGBT. Madame Hervé résume les premiers épisodes et vous éclaire sur tous les tenants et les aboutissements.

- Fin décembre :

Madame Hervé, Taulière du Tango, mais aussi vieille militante passionnée de mémoire lgbt, s’offusque dans son blog du projet de fusion entre le Centre LGBT et l’Inter LGBT.

- Début Janvier 2012 :

La Présidente du Centre pique une grosse colère. Madame Hervé qui était jusqu’à ce jour une bonne copine, bienfaitrice des associations lgbt, est trainée dans la boue, invitée à se retirer du Centre, soupçonnée des pires ambitions personnelles, accusée de n’être qu’une vile patronne mercantile.
Pendant ce temps, on apprend qu’un mystérieux groupe de travail élabore un projet de rapprochement entre le Centre lgbt Paris ÎdF et l’Inter lgbt. Il serait composé, entre autres des policiers (le FLAG) et des « personnes qui exercent des responsabilités en entreprise » (L’autre Cercle, souvent surnommé le rotary club gay et lesbien).
Le combat au Centre LGBT s’engage !

- Fin janvier :

Certains voient dans tout cela une simple querelle personnelle : ils ont presque le même âge, ils se connaissent depuis longtemps, Madame Hervé, devenue en l’occurrence « Monsieur Latapie » et Christine Le Doaré, CLD en abrégé, entament un grand combat pour le pouvoir, la lesbienne contre le gay. En fait derrière cette polémique s’affrontent bel et bien deux conceptions de la vie militante. Mr Hervé défend le travail de terrain (l’accueil, la prévention, la culture), et CLD privilégie la communication politique (faire du lobbying).
Monsieur Hervé décide d’appeler à la mobilisation, constitue un groupe facebook, réunit un début d’équipe. On les nommera les « pro-autonomie ». CLD dispose de la maitrise du Centre, elle est entrée au conseil d’administration en 1999 (Présidence de Caroline Fourest) et en est Présidente depuis 2005.

- Début février :

En croyant simplement dénoncer les horribles intentions de ce projet de fusion, les pro-autonomie découvrent l’ampleur des dégâts au Centre LGBT. Les témoignages affluent. CLD a instauré dans le Centre un climat délétère : absence de démocratie, autoritarisme, pression morale sur les dissidents, turn over des salariés et départs fracassants de volontaires. Au bout du compte le Centre vivote, délaisse la prévention du sida, se complet dans un décor affreux, présente un programme culturel peau de chagrin.
Pendant ce temps, dans l’ombre, le Président de l’Inter LGBT (Thomas FL), assisté de son porte parole (Nicolas G) continuent d’œuvrer avec CLD : Ils veulent aller vite, que l’Inter s’installe au Centre, qu’une commission politique y soit introduite, que le Centre regroupe à terme tout le monde lgbt, qu’ils puissent produire de beaux communiqués de presse, devenir importants. En bons managers, ils pensent « synergie », « regroupement », « économies d’échelle » et font rêver tous les gentils militants associatifs : bientôt l’union fera la force et les LGBT triompheront. Du reste pour les présidentielles leur joujou va être d’organiser un meeting dans une salle prestigieuse, comme font les grands partis politiques : en une soirée ils vont dépenser des milliers d’euros et comme ça ils espèrent passer au 20 heures de TF1 !
« Les motivations de l’engagement associatif lgbt », voilà ce qui serait un beau thème d’article people pour le magazine masculin Têtu.

- Fin février :

Et la mobilisation se mit en place. Les pro-autonomie se mirent à cogiter. Et si au lieu de faire cette fusion mégalo on faisait vraiment du Centre LGBT la maison de toutes et tous. Si on faisait en sorte que l’on y soit accueilli dans un cadre plus fun (mince on est des folles, la décoration intérieure c’est très homosexuel, non ?). Et si on reprenait en mains la prévention du sida chez les gays ? Et si le Centre devenait un grand lieu d’élaboration de la culture lgbt, un lieu où l’on irait écouter nos anciens raconter leur vie et où des jeunes universitaires viendraient présenter leurs études de genre (très à la mode le genre !).
Un site fut mis en ligne pour présenter ce projet et une réunion publique organisée dans le bar mythique Le Duplex. Objectif : se présenter à l’assemblée annuelle du Centre pour proposer ce programme et se faire élire au conseil d’administration.
Imaginez le défi et l’ambiance juste avant cette AG. Un groupe de copains copines, des militants de tous âges, des débutants et surtouts débuTANTES, entraînés dans une dynamique collective, juste pour se mettre au travail, imaginer, faire évoluer, améliorer. Tout ce monde pensait être accueilli à bras ouverts : vous en connaissez beaucoup vous aujourd’hui, en ces temps de pénurie de militants, des gens prêts à s’investir bénévolement pour la Cause ?
C’était bien mal évaluer la capacité de la Présidente du Centre à régner sur son monde.

- 3 mars 2012 :

Ce fut le grand jour : l’Assemblée Générale du Centre ! Camionnette de la police stationnée dans la rue, CRS en uniforme devant la porte, inspecteur des RG en civil dans le hall d’entrée. L’AG a été conçue comme un combat par la présidente qui nous a pris pour de vulgaires putschistes. Micro à la main, lieutenants à ses côtés, liste des électeurs soigneusement épurée, pouvoirs de vote préalablement bien distribués, statuts allègrement foulés, vote à bulletin secret refusé, CLD a donné le meilleur d’elle-même. Le combat n’était pas loyal. Les pro-autonomie n’ont même pas eu l’occasion de présenter leur projet, alors que celui de la fusion fut longuement exposé avec un power point fastidieux (je suis allergique à power point, le logiciel qui révèle votre manque de charisme !).
La grande majorité des volontaires du Centre ont voté pour CLD, y compris ceux et celles qui dans les couloirs se plaignaient des méthodes de la Présidente et de l’ambiance plombée. Mais il est vrai que pour finir de les convaincre de la suivre, elle leur a promis de quitter le Centre dans six mois… A moins justement que cette fameuse fusion se fasse, dans ce cas elle pourrait rester, à un autre poste, il parait qu’elle rêve de devenir la « porte parole ». Douée comme elle est pour le dialogue et la synthèse, cela promet !

- Mars 2012 :

Depuis l’AG l’ambiance ne s ‘améliore pas. Des rumeurs de chasse aux sorcières circulent, des courriers menaçants sont envoyés aux volontaires de l’opposition, CLD aimerait que les démissions tombent.
En revanche l’Inter LGBT prend déjà ses marques, ses responsables deviennent omni présents : ils montrent déjà à quoi ressemblera leur future méga structure fusionnelle ! Ils installent une salariée dans un bureau du Centre, et se réunissent beaucoup (si certaines associations membres ont du mal à obtenir de temps en temps une salle, ce n’est pas le cas de L’Inter !). Ils préparent avec fébrilité leur grand meeting aux Folies Bergères, sous l’œil effaré des anciens militants : comment peut-on dépenser autant d’argent en si peu de temps ? (un trésor de guerre durement acquis après une faillite retentissante en 1996) Espérons que le show sera à la hauteur des sommes engagées…

Et nos « pro-autonomie » ? Où en sont-ils ? Comment vont-ils réagir après leur déconfiture ? Vous le saurez bientôt en lisant les prochains épisodes de ce feuilleton !

Rejoignez le groupe facebook : "Pour un centre LGBT autonome et dynamique".
Le site internet des pro-autonomie.
Contact : centrelgbt.autonome@gmail.com

mercredi 28 mars 2012

Bal du printemps et éloge de l'accordéon

Retour de la musique vivante vendredi dernier, ambiance guinguette avec Erminio Valente à l'accordéon et Alvaro Lombard pour l'accompagner en chantant ! La magie de La Boîte à Frissons.

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J'adore voir des curieux, ou de simples gens de passage, s'arrêter devant l'enseigne du Tango et s'amuser du sous titre : La Boîte à Frissons.

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Hum, qu'est ce qu'ils s'imaginent ? On y frissonne ? Les yeux brillent, l'imagination s'enflamme. Et c'est là que Madame Hervé a le plaisir d'étaler sa culture. Non, non, ce n'est pas ce que vous croyez... Jadis, à l'époque de l'apogée du musette, dans le Paris des années 30, les accordéonistes ont surnommé leur instrument magique : leur boîte à frissons. Et c'est ainsi qu'en 1997, cherchant un nom pour ma toute nouvelle société, j'ai déposé la marque "La Boîte à Frissons" et baptisé ainsi le bal gay et lesbien que j'installais au Tango. C'est un peu culotté de privatiser du patrimoine populaire, mais c'était davantage pour m'assurer l'usage de l'expression que pour empêcher les autres de s'en servir.

Cela faisait bien longtemps que l'on n'avait pas entendu un accordéon à notre bal, pour notre début de soirée qui est unique en son genre. Or c'est aux alentours du printemps que s'ouvrent les guinguettes, et c'est pourquoi vendredi dernier Erminio Valente et Alvaro Lombard étaient là pour vous faire danser. Comme tous les autres accordéonistes venus à La Boîte à Frissons, Erminio n'a pas caché son plaisir, d'une part de venir dans ce lieu mythique qui a accueilli jadis tant et tant d'orchestres, mais aussi parce qu'il a trouvé un public tellement réceptif, et tellement interlope !

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Mais j'aurai peut être dans quelques temps de nouvelles occasions de vous parler du musette : un soir de la semaine prochaine va se réunir au Tango une bande de passionnés qui veulent créer une "académie du musette". A suivre...

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L'historique de la salle Le Tango (Ecrit par Lucien Lariche).

mercredi 22 février 2012

Génération trithérapie : sortie du livre...

Je suis une grande bavarde et une de mes qualités (autant se complimenter soi même !) est d’être à l’écoute de mes clients. Et c’est ainsi qu’un jour, au cours d’un bal des célibataires j’ai fait la connaissance des « séropotes » qui ont créé une association de jeunes gays séropositifs. Au fil du temps j’ai sympathisé avec eux et continué de discuter (je vous le dis, la tchatche est une vraie passion).

C’est donc l’histoire d’une belle rencontre entre une « vieille séroneg » et des « jeunes séropos ». Il n’y eut pas de sexe entre nous (hélas !) mais je n’en ai pas moins accouché d’un livre qui va sortir très prochainement : Génération Trithérapie, rencontre avec des jeunes gays séropositifs.

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Il y est d’abord question de visibilité : pourquoi les séropos se cachent-ils ? Pourquoi craignent-ils autant le regard et le jugement des séronégatifs ? La vieille militante que je suis leur a donc expliqué toute l’histoire de la maladie, comment aux débuts on ne pouvait pas se cacher puisque cela se voyait ! Et pourquoi ensuite certains sont carrément descendus dans la rue pour se faire entendre… Mais aujourd’hui tout le monde est rentré dans le placard : le sida, on évite d’en parler, cela plombe l’ambiance. Sauf que les gays se contaminent encore, et beaucoup trop : après avoir été les inventeurs du safe sexe, nous sommes les mauvais élèves.

Bref, le but de ce livre est d’écouter les séropos, mieux les connaître pour trouver ensemble des moyens d’agir pour que la prévention fonctionne à nouveau. Dans la conclusion du livre vous me retrouverez telle que je suis, Taulière furieuse, aimant ouvrir ma gueule : je n’aime pas le nouveau paradigme de « le traitement comme prévention » et l’euphorie bio-médicale ambiante m’énerve. Je préfère les bonnes vieilles méthodes et surtout le militantisme de terrain.

Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire ? Lire mon livre et retrousser vos manches pour vous remettre à bouger vos belles fesses. Avez-vous envie que l’on soit tous obligés de prendre des médocs toute notre vie pour survivre ?

Le livre est déjà en vente au Tango. Vous pouvez aussi dès à présent le commander sur le site :
www.legueuloir.com

Rencontre signature à la librairie Les Mots à la Bouche le jeudi 1er mars 2012 à 19 heures.

samedi 14 janvier 2012

Crépage de Fans Britney/Rihanna

La soirée des Divas vu par la Dame Yasin

Encore une soirée spéciale comme seule La Boîte à Frissons a le secret. Une soirée Britney V/S Rihanna (et non Kylie V/S Beyoncé, comme certains ont eu tendance à croire...en voyant l’affiche). La soirée était prévue pour octobre, mois où les deux chanteuses donnaient leurs concerts à Bercy, mais malheureusement, pour cause de travaux indépendants de notre volonté, la boîte était fermée à ce moment là. Ce thème fut reporté.

Le choix était assez simple : tenue rouge pour les fans de Rihanna, jaune pour ceux Britney. Beaucoup ont joué le jeu (ce n’était quand même pas compliqué cette fois ci, mais je vous accorde que le jaune est difficilement trouvable en magasin ces jours ci). Il y avait une prépondérance de rouge dans la salle, signe que le Tango reste jeune malgré tout. Moi, qui suis de la génération précédente, étais pour Britney, mais j’avais une paire de jeans rouge et un débardeur jaune, histoire de ne froisser personne. Dj Gilou était en habit rouge, mais avait la coupe de Britney à l’époque de sa courte descente aux enfers. Quant à Madame Hervé, j’ai pas bien compris ce qui lui est passé par la tête en se maquillant, mais elle ressemblais plus à Sheila. Disons que Sheila était la Britney Spears de l’époque. Certains ont eu la chance d’apercevoir une banane, assez sexy d’ailleurs, se tortiller sur les rythmes des deux Divas. Coté originalité, on a rarement vu mieux !

banane

Cette soirée était particulière, car elle a ramené pleins de petits nouveaux. La clientèle sympa d’habitués avait laissé place à une clientèle plus jeune. Pour beaucoup, c’était leur première fois dans ce lieu mythique. Certains étaient amusés, d’autres contents, ou encore, ceux qui sont venus avant minuit et demi étaient ébahis et surpris qu’un tel lieu existe. En voyant certains, je me revoyais des années auparavant, lorsque j’avais pénétré la salle pour la première fois lors d’une soirée Madonna. C’était un mardi, et j’avais assisté au “Confessions Tour” la veille et je devais y retourner le lendemain. Cinq and après, j’y suis toujours. Comme moi, les petits nouveaux se sont très vite fait à l’ambiance. DJ Gilou, comme à l’accoutumée, nous avait gratifiés d’une playlist de plus de trois heures de Britney et Rihanna. Mais pas que, la musique était mélangée : on a aussi eu droit à notre dose habituelle de Katy Perry, Adele, Kylie et Madonna.

Le spectacle ? Sexy et drôle, pour ne pas changer, devant un public hystérique. Nick et Hugues sur un medley de Rihanna. Rockwell sur Britney. Mystica a fait son comeback sur la scène avec une ré écriture de ‘Baby One More time’ qui a fait rire tout le monde. Et les Glam Boys. Pas de commentaires, juste des évanouissements dans la salle devant tant de phéromones à l’état brut.

spectacle

GlamB

Et ceux qui étaient présents ont pu assister en live à la vidéo pilote du tout nouveau Boîte à Frissons Production. Pour les autres, ce sera sur le net dans le courant de ce week end. Le nom de la directrice et des comédiennes vous seront dévoilés ultérieurement, lorsque vous serez plus réceptifs aux heures de travail passées pour vous monter cette sublime vidéo, réalisée sans scénario mais sous l’égide d’une directrice hors pair.

Et je termine mon compte rendu de cette soirée, qui fut assez calme et très joyeuse, en précisant que le Tango n’est pas un salon de thé, et que si vous désirez vous engager dans des discussions scientifiques interminables, un endroit sans musique (comme le Tea and Caddy) siérait mieux… 

jeudi 5 janvier 2012

Bonjour 2012

Un regard sur l’année 2011 en guise de vœux du nouvel an. Une apologie des folles, de bons souvenirs, une pique à Têtu et un hommage aux danseurs et danseuses du début de soirée.

Il est vrai que La Boîte à Frissons a gardé un côté juvénile, puisqu’elle fonctionne en « année scolaire » ! Nous débutons notre saison début septembre avec les écoliers et nous l’achevons en pleines vacances d’été. Mais cela ne nous empêche pas de nous adonner aux usages traditionnels de la nouvelle année et de vous adresser tous nos vœux !

2011 une année folle !

En février nous avons organisé le Bal des Folles. Mine de rien, nous affirmions ainsi notre ras-le-bol du rejet des folles par bon nombre de gays. Historiquement ce sont toujours elles qui osent se montrer et ouvrent la voie à nos luttes. Ce sont elles qui ont de l’humour, qui savent s’habiller et mettre de la couleur dans notre monde souvent trop gris et conventionnel. Ce bal a été un succès, très bien annoncé par la série de portraits réalisée par notre DJ, Gilou. Merci à tous ceux qui ont accepté de faire partie de cette galerie de photos que vous retrouverez sur notre site ou sur facebook.

C’est à l’occasion de ce bal que j’ai donné naissance à Hervé Lafolle, un genre de Madame Hervé light. Par la suite j’ai remarqué que ce personnage plaisait moins que la dame originale. Comme quoi… Cela pourrait être un sujet de réflexion d’étude sur le genre ! Une chose est certaine, le gay se laisse plus facilement tripoter par un travelo que par une vieille folle !

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Le placard à chansons a eu du mal à s'ouvrir

Année de la follitude également avec la production du spectacle Chantons dans le Placard, qui dans son genre est aussi un hymne à la liberté et un hommage à tous les chanteurs et chanteuses qui ont osé aborder le thème de l’homosexualité à des époques où il était plus populaire d’être homophobe. Le spectacle a plu mais n’a pas trouvé l’écho que j’espérais. On s’en sort avec un beau déficit financier, fort heureusement supportable grâce au succès des soirées au Tango. Il y aurait beaucoup à dire sur la timidité des grands médias qui peinent encore à s’intéresser à un tel spectacle, qualifié à tort de « trop gay ». Mais que dire d’un magazine comme Têtu, prévenu largement en amont, qui n’a su consacrer à cette anthologie de la chanson gay et lesbienne qu’un petit tiers de page ? Ils préfèrent visiblement consacrer des colonnes entières à la culture main-stream, celle qui s’étale déjà dans tous les autres journaux hétéros, et attire sans doute plus facilement les annonceurs publicitaires.

Quelle folie aussi au dernier Bal des Travs, où nous avons inauguré un atelier de travelottage qui a attiré beaucoup de monde, y compris un journaliste célèbre qui n’en revenait pas de son audace et s’est bien amusé !

Vive les danses à deux !

Pour finir je voudrai adresser un gros bisou particulier à nos danseurs et danseuses du début de soirée, ceux qui pratiquent les fameuses danses de salon. Je salue les Gais Musette, avec qui je m’entends bien à nouveau (c’est un vrai bonheur, comme si la crise d’adolescence de ce bébé était passée, mince je deviens vraiment vieille !), je félicite le jeune Julien qui a monté un nouveau cours de danse (Laissez moi danser !), et je vous encourage tous et toutes à vous lancer sur la piste en début de soirée : danser à deux c’est tellement chouette !

L'image de nos vœux pour 2012 :

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un bal du mélange des genres, tous les publics (pas trop d'hétéros beaufs tout de même), toutes les danses (et toujours les danses à deux), toutes les musiques (sauf la techno). Mince ! Un programme qui n'a pas pris une ride depuis 1997 !

dimanche 18 décembre 2011

Pour un centre LGBT autonome

Depuis sa création en 1993 le centre gay et lesbien (devenu LGBT) est devenu un bel outil au service de toute la communauté LGBT. Pourquoi aujourd’hui vouloir lui retirer son autonomie et son indépendance ? C'est pourtant ce qui se trame dans un projet de fusion entre le centre LGBT et l'Inter LGBT.

Un projet de fusion entre le Centre LGBT Ile de France et l’Inter LGBT est actuellement discuté. Ses promoteurs pensent que dans un contexte de crise du militantisme, cela permettrait d’unir les forces LGBT et d’économiser les moyens matériels et humains. Je pense que cette fusion, impliquant un nouveau changement des statuts du Centre, serait une erreur. En revanche, ce projet nous donne peut être une occasion de redéfinir et de clarifier les rôles, missions et moyens d’action du Centre et donc aussi peut être de l’Inter LGBT.

Retour sur l’histoire du Centre

Cette histoire pourrait se lire à travers les différentes modifications des statuts de cette association créée en 1993. Chaque changement, en particulier lors des premières années, a fait l’objet d’une bataille entre d’une part certaines associations dites « politiques » et d’autre part les individus, appelés aujourd’hui les « volontaires » qui animent et gèrent concrètement le fonctionnement du centre. Les enjeux de ces discussions se résument en quelques questions fondamentales : Quel est le rôle du centre ? Qui doit le contrôler ? Comment faire en sorte qu’il reste ouvert à toutes les composantes de la communauté LGBT, et qu’il parvienne à être un lieu d’accueil vivant, dynamique et culturellement intéressant ?

Au départ, la création du centre a été voulue et portée par la volonté politique de militants, notamment de l’association Act-Up à l’époque de son heure de gloire. Puis peu à peu on s’est rendu compte que le centre était avant tout un lieu d’accueil, avec plusieurs dimensions, sociales, culturelles, de prévention du sida. La « rue Keller » était devenue une ruche LGBT, où s’opérait dans des locaux exigus un brassage permanent. Est apparue une contradiction, qui peut être survit encore aujourd’hui. Pour bien fonctionner, le centre a besoin d’une vraie équipe de personnes motivées et très impliquées. Mais pour perdurer et ne pas dépendre que d’individus, il a besoin d’être également suivi et utilisé par les associations, qui sont la vraie richesse de la mouvance LGBT et s’inscrivent davantage dans la durée que les personnes. Pour réaliser cet équilibre, les statuts actuels ont délibérément affirmé l’indépendance du centre par rapport aux associations justement plus « politiques », comme l’Inter LGBT, mais également SOS Homophobie, les groupes rattachés à des partis politiques, etc. Ces associations peuvent être membres du centre, avoir un droit de vote en assemblée générale, mais ne sont pas éligibles au conseil d’administration, et ceci, précisent les statuts « afin de garantir l’indépendance politique du centre LGBT », et « cela vaut pour l’association elle-même comme pour ses principaux représentants… ».

En gros l’histoire du centre a été l’acquisition de son autonomie par rapport au mouvement militant LGBT, assortie de l’affirmation de son indépendance politique : d’un côté le centre pour accueillir tout le monde, offrir des services, développer une expression culturelle ; de l’autre les associations militantes chargées de la revendication politique des LGBT.

Cette belle répartition des rôles et des tâches a connu quelques secousses. Par exemple à une époque où les dirigeants de l’Inter LGBT (alors encore Lesbian and Gay pride Paris) ne s’entendaient pas très bien avec ceux du Centre Gay et Lesbien (cela remonte très précisément à la fin des années 90 après la fameuse banqueroute de la fête de Bercy en 1996) les organisateurs de la Gay Pride ont marché sur les plates-bandes du Centre en organisant « le printemps des associations », événement qui aujourd’hui nous paraitrait relever plus directement du Centre. Quant au Centre il est parfois tenté d’apparaitre comme le porte-parole légitime de tout le mouvement LGBT : comment interpréter aujourd’hui ses nombreux communiqués de presse prenant position sur de nombreux sujets politiques sans que l’on comprenne très bien comment ils sont élaborés, et du coup ce qu’ils expriment réellement : l’opinion du conseil d’administration du centre ou une véritable position collective de l’ensemble des adhérents du centre ?

Pour un Centre LGBT autonome

Nous devons retenir les enseignements de cette histoire du mouvement LGBT. Là où il y a de « l’inter-associatif », il y a des tentations de s’en attribuer la représentativité, cela se traduit par des luttes de pouvoir et des conflits politiques. Le Centre LGBT doit s’en tenir à l’écart, il n’a pas vocation à être le porte-parole de la communauté LGBT. Son intérêt est au contraire de continuer d’être un lieu de rencontre et d’échanges au service de tous.

Nous devons à Christine Le Doaré , actuelle présidente, une certaine institutionnalisation du Centre LGBT Paris Ile de France: installé dans de nouveaux locaux, financé par les collectivités locales, correctement géré, le Centre est devenu un bel outil au service de toute la mouvance LGBT. Il serait donc dommage aujourd’hui de bouleverser cet équilibre qui a été si difficile à mettre en place.

Le Centre parvient à une nouvelle étape, il doit s’inscrire dans la durée et relever le défi du changement d’équipe annoncé (Christine Le Doaré qui a beaucoup donné pour le Centre souhaite quitter la présidence en février prochain). Ce n’est pas en procédant à un énième changement de statut, ni en fusionnant avec une association qui a toujours eu une vocation politique que nous assurerons un avenir tranquille au Centre. Il ne doit pas devenir un lieu d'affrontement idéologique et politique, au contraire il doit accueillir tout le monde, rester indépendant, et permettre le dialogue entre tous et toutes.

samedi 10 décembre 2011

Paris en manque de Princesses

Quelle soirée ! Une soirée attendue tant par l’équipe de la Boîte à Frissons que par certains habitués téméraires. La soirée Frissons Animés avec “Princes et Princesses” en sous-titre, de quoi mettre en émoi la communauté homosexuelle, me direz vous. Le Marais grouille de pseudo princesses qu’on s'attendait à voir ce soir.

Malheureusement, faut croire qu’elles avaient toutes trouvé Princes à leur pied, car il n’y en avait pas beaucoup. Après le succès du dernier Bal des Travs en octobre, je me suis dit que c’est reparti, les gays ont retrouvé le goût de la fête et du déguisement. Que nenni !

Madame Hervé, comme à l’accoutumée était à la hauteur d’elle même, habillée en Reine Elizabeth plus vraie que nature (et oui, elle est au dessus de toutes ces princesses qui aspirent à être elle un jour). Méziane et Gilles étaient deux types de rois, l’un couronné comme Richard Coeur de Lion dans «Lion en Hiver» et l’autre comme le roi Jean de Robin des Bois de Disney. On a aussi aperçu le Petit Chaperon Rouge qui cherchait désespérément le grand méchant loup au milieu du Bois en distribuant des sucettes.

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C'étaient les seuls qui ses pont prêtés au jeu. Mais que font les autres ? Se déguiser en un personnage de dessin animé n’est pas si compliqué, voyons ! Mais bon, il me semble avoir aussi aperçu quelques Cendrillons avant que leurs marraines ne passent, mais je ne crois pas qu’elles avaient fait exprès... Et dire que Dj Gilou avait encore une fois fait une prouesse qui restera dans l’histoire, à savoir, tenir une piste avec de la pop entrecoupée de génériques de dessins animés et autres musiques de notre enfance (La Mystérieuse cité d’or, Lady Oscar, Allô Monsieur l’ordinateur, Cat’s Eyes, Ce rêve bleu). Mais il ne s’est pas arrêté là : il nous a aussi gratifié de quelques génériques de séries de notre adolescence : L’amour du risque, F.R.I.E.D.S, Dallas ET Dynastie. Il s’est même occupé d’orner la salle de posters que j’ai toujours dans ma chambre !

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Pour cette soirée où les princes et princesses étaient moins nombreux que les paysans et roturiers, le spectacle était digne de la cour d’Aliénor d’Aquitaine. Mlle. Gisèle nous a fait le numéro "Sous L’Océan", qui est maintenant un classique du Tango (trois fois par an au moins). Je précise ici que ce numéro me tient particulièrement à cœur, car lors de ma découverte du Tango, il y a plusieurs années de cela, elle avait interprété cette même chanson. Les habitués connaissent les paroles par cœur, c’est vous dire ! Puis il y avait Miss Glam Rockwell qui a fait, pour la deuxième fois la chanson Vanity entrecoupée de dialogues de la belle môman de Blanche Neige, une réussite. Et le spectacle a fini avec les Glam's Boys, qui ont rendu un hommage hyper sexe à Prince. Ceux qui l’ont raté ne peuvent savoir ce que c’est la sensualité à l'état brut.

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Bref, ce fût une soirée superbe pour celles et ceux qui avaient joué le jeu. Quant aux autres, j’espère qu’ils auront la chance d’apprécier une telle soirée - unique en son genre - une fois dans leur vie !

mardi 29 novembre 2011

30 ans de sida

Le 1er décembre nous fêtons la Saint-Sida. Cette année c’est le 30ème anniversaire. Par le plus grand des hasards (j’ai eu l’information sur le site yagg.com), je me suis inscrit à un événement intitulé « 30 ans de sida déjà, et maintenant ? », qui a eu lieu ce lundi 28 novembre au Café de la Danse à Bastille.

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Le caractère ambigu de cette réunion, qui voulait mêler des débats sérieux et des moments plus détendus (danse hip hop, film, musique rom et petits fours), façon mi colloque, mi raout, est sans doute révélateur du désarroi actuel de la lutte contre le sida. J’en suis ressorti assez mal à l’aise. Sur plusieurs points je me suis demandé si on ne se moquait pas un peu de nous.

La politique pour commencer.
Que le maire socialiste du 11ème arrondissement nous accueille, soit. Mais qu’ensuite les deux seuls hommes politiques à qui l’on donne la parole soient à nouveau des socialistes, je trouve cela un peu fort. Pas un représentant de l’UMP, ni du Centre, ni des Verts, ni d’ailleurs ? Ou bien on n’invite pas les politiques, parce qu’on juge qu’ils n’ont rien à dire sur la question (ce qui entre nous a été un peu le cas des intervenants socialistes), soit on respecte un minimum le pluralisme. Car entre nous, puisque l’on avait invité les médecins et militants associatifs historiques on aurait pu inviter Madame Barzach, ministre RPR de Jacques Chirac en 1986, et pionnière de la lutte contre le sida. Si les organisateurs de ce colloque croient aux lendemains qui chantent avec François Hollande, c’est leur droit, mais dans ce cas qu’ils ajoutent clairement le logo du PS sur l’affiche !

Le nouveau discours médical
Que se passe-t-il dans le monde de la lutte contre le sida ? Figurez-vous que l’on a retrouvé l’optimisme ! Pas seulement parce qu’avec François Hollande tout va changer (je plaisante !), mais parce que l’on a trouvé le nouvel outil magique de lutte contre le VIH : le traitement comme prévention bien sûr ! C’est cela le discours médical qui a le mérite d’être simple, technique, scientifique, sérieux. Ils n’ont plus que ce truc là à la bouche. Certes on précise, la prévention doit être diversifiée (sous-entendu, ben oui y’a encore ces trucs en latex que plus personne ne veut mettre), mais toute la communication se centre sur le duo tests-traitements, nec plus ultra du moment. Le summum de la soirée, fut donc l’exposé d’une femme médecin, intitulé « Guérir le sida ? », illustré par un diaporama power-point surréaliste : des courbes, des points, des mots anglais, les diapositives allaient et venaient dans le mauvais sens, on n’y comprenait rien, sauf qu’elle était contente et confiante, l’éradication est en vue !

Retour aux réalités et gueule de bois
Juste après, un autre Monsieur est venu parler. Lui n’avait pas besoin de power-point. En quelques phrases il a plombé l’ambiance : l’avenir du monde ne se construit pas uniquement dans les éprouvettes de nos savants. Il y a l’économie, le social, les droits de l’homme, les discriminations. Pour faire écho à ce rappel de la complexité de la vie en société, une juriste a montré comment on ne pourra jamais soigner les étrangers si on ne leur donne pas des droits, et un militant d’Act-Up ancien taulard a raconté qu’en prison mieux valait ne pas être séropositif ou malade !

Mais il était l’heure de passer à la suite de la soirée, le cocktail dinatoire. Et je suis parti…

Plus d'infos sur l'événement.

lundi 28 novembre 2011

Mademoiselle Gisèle super star

Vendredi dernier, Mademoiselle Gisèle fêtait en toute discrétion ses 20 ans de vie parisienne (donc ses 25 ans de vie... hum, hum...). Voici donc une occasion de lui rendre hommage.

Mademoiselle Gisèle est née en février 2000, en même temps que Madame Hervé. C'était le premier bal des célibataires. Sur la photo on la voit telle qu'elle était, en secrétaire dévouée de La Taulière, habillée d'un sobre tailleur à pois blanc, accrochée à DJ Frédérik, qui lui se prenait pour un mac.

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Après toutes ces années Gisèle est toujours là, certes sa garde robe a évolué, mais elle est restée fidèle et ses apparitions sur la scène de la Folle Académie sont toujours savamment préparées, et réussies ! Ci dessous : pour son show spécial, elle est devenue super Gisèle !

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Vendredi elle a réussit à faire revenir Pauline Diamant pour interpréter ensemble le grand classique des sœurs jumelles.

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Gisèle s'est fait de nouvelles copines, ici, entourée de Mélissa Tango et Tara Jackson.

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De l'avis général cette soirée Gisèle super star était excellente. L'absence de Madame Hervé, retenue en province par des obligations hautement intellectuelles, n'a même pas été remarquée, c'est tout dire !

samedi 12 novembre 2011

Les images commentées par DJ Gilou

Notre DJ prend aussi des photos souvenirs, et se permet en prime de les commenter... Hier soir c'était le bal des célibataires.

Madame Hervé à du cœur, elle enseigne gracieusement les danses à deux, pile à minuit et cœur !

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Madame Hervé à ses chouchous...

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Et pour certain l'âge d'or et bien révolu !!!!!!

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mercredi 26 octobre 2011

Talents aiguilles sur Pink TV

L'émission de Nicolas Maille est consacrée à Chantons dans le placard.

mercredi 19 octobre 2011

Quelques vidéos sur le placard !

Un choix de quelques vidéos sur Chantons dans le Placard mises en ligne.

Interview de Michel Heim (visio-scène)

La sortie de la première filmée par Narcisse Davim :

samedi 1 octobre 2011

Parade sur les trottoirs du Marais

On ne chôme pas pendant les travaux. Hier soir, Madame Hervé a entrainé ses kikis dans les rues pour promouvoir le spectacle Chantons dans le placard. Photos et légendes de DJ Gilou.

Comment expliquer aux gays du Marais que malgré la météo estivale il est aussi possible de se cultiver en allant s'amuser au théâtre. Grande croisade hier soir...

Veillé funèbre, tous au chevet de La Boîte à Frissons, qui malgré ses 14 ans est déjà incontinente !

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Tournée des grands ducs (petites duchesses en l'occurrence) pour la promotion de la pièce "Chantons dans le placard". Sans surprise, les bears ont la palme de la convivialité.

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Certains n'hésitent pas à mouiller amicalement le maillot pour donner un coup de main GRACIEUSEMENT pour la promotion du placard. Les autres se reconnaîtront au jugement dernier !

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Madame Hervé n'hésite pas à faire le trottoir pour assurer la paye de ses employés. Espérons qu'ils apprécient !

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mercredi 14 septembre 2011

Petits arrangements avec son traitement

Contribution au débat sur la dérive bio-médicale de la prévention du sida et illustration de l’état de l’indépendance de la presse gay.

Dans ses deux derniers numéros (168 et 169) le journal Têtu publie un étonnant « publi-reportage », avec le soutien des laboratoires Bristol-Myers Squibb*, intitulé « Mon traitement et moi ». Il est suivi quelques pages plus loin d’une publicité du même groupe pharmaceutique.

Préparant actuellement un livre sur les jeunes gays séropositifs, j’ai moi-même réalisé un texte accompagné d’un reportage photo sur le même thème. Je comptais justement proposer à Têtu de le publier ! En commanditant ces publi-reportages, les fabricants de médicaments m’ont devancé.

Au jeu de la comparaison, il est clair que mon approche du sujet n’est pas conforme à l’air du temps. J’ai d’abord été frappé de voir que trois des quatre photographies publiées dans Têtu ont la même esthétique que celles réalisées par mon ami photographe Amaury Grisel. Mieux, elles mettent en scène des objets similaires : un pilulier, un smartphone et un jus d’orange pressée. Mais en observant d’un peu plus près les images, je me suis rendu compte que le parti-pris est très différent. Dans Têtu, nul comprimé à l’horizon, nulle représentation concrète de ce fameux traitement dont il est question. Alors qu’au contraire, les photos réalisées pour illustrer les entretiens que j’avais effectués avec des jeunes gays séropositifs plaçaient au centre de l’espace les comprimés, gros et colorés. Mon objectif était de traduire en douceur la réalité d’un traitement, à savoir l’obsession des médocs, que l’on ne doit surtout pas oublier de prendre, et que l’on doit parfois cacher pour ne pas se faire identifier comme séropositif.

Photos d'un pilulier : avec ses comprimés (Photo Amaury Grisel)... ou sans (version Têtu-Laboratoire pharmaceutique)
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L’intention des laboratoires est effectivement toute autre, elle est exposée dans le chapeau de l’article : « A l’heure où les trithérapies sont plus efficaces que jamais, la prise d’un traitement soulève encore des inquiétudes légitimes. Quatre garçons infectés par le VIH livrent leurs conseils pour tirer le meilleur parti du progrès ». Suit un long texte, non signé, qui présente des témoignages de séropositifs. Il est rédigé dans un style journalistique, qui se veut donc objectif. Mais le ton est optimiste, il s’agit de positiver les traitements. Par exemple, un certain Thomas de 25 ans raconte : « Je m’attendais à des schémas compliqués puisqu’en lisant les magazines associatifs, je ne comprenais rien », mais heureusement pour lui l’infectiologue lui a bien expliqué, la diététicienne lui a appris à bien manger, « il peut compter sur l’équipe médicale » et hop le voilà requinqué ! Miguel, 29 ans, clubber habitué d’Ibiza « avait peur d’avoir affaire à une grosse dame sévère. Raté, il est tombé sur un jeune infirmier connaissant la techno, les raves et le bon son » : s’agit-il du début du scénario d'un film porno ? Les molécules sont si efficaces que tout cela est formidable. Eric, 36 ans, s’est converti : « je suis resté longtemps anti-médicaments », mais sa mère, baba cool fan de bio l’a convaincu d’en prendre, puisqu’elle-même suivait un traitement contre ses bouffées de chaleur ! A présent, pour Eric c’est presque cool, « le fait de pouvoir bénéficier d’un traitement en une seule prise l’a aidé à dédramatiser ». Justement, chaque nouveau témoignage tombe à pic pour dédramatiser. Stéphane, 52 ans, explique comment il a pu se plier à une discipline pour ne pas oublier son traitement « Une bouteille d’eau et un verre au pied du lit et l’affaire est jouée » ! Les effets secondaires ? « L’affaire de trois ou quatre mois ». Prenez ce que l’on dit de Hakim, 29 ans : « Il a parfois des maux de tête, mais il en avait avant. Son ventre lui parait plus sensible ». Comme c’est bien dit ! Et ainsi de suite… Vous l’avez compris, merci les laboratoires, être séropo sous traitement n’est vraiment plus un souci.

Avec le jus d'orange : les comprimés et les boîtes de médicaments dissimulées dans une boîte discrète (Photo Amaury Grisel), ou un jus pressé sans aucun comprimé en vue (Photo Têtu).
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Face à ce tableau idyllique dressé par un gros groupe pharmaceutique, je comprends que les témoignages que j’ai recueillis fassent mauvais effet. Ils débouchent sur une toute autre vision. Les séropos sont condamnés aux petits arrangements avec leurs traitements. Même grandement améliorées au fil des ans, les trithérapies constituent toujours une sacrée contrainte. Et les fameux effets secondaires ne sont pas que physiques mais également psychologiques. Un traitement anti-VIH est forcément lourd, car omniprésent. On peut s’en accommoder, mais franchement, on ne peut le souhaiter à personne, surtout pas à tous les jeunes gays séronégatifs qui aujourd’hui semblent se relâcher et abandonnent la capote.

Mine de rien, en publiant ce publi-reportage, Têtu illustre parfaitement la tendance actuelle : face au déclin regretté de la capote on baisse les bras, on s’en remet aux laboratoires et on se cantonne à une approche bio-médicale de la prévention. Ce n’est plus le plastique qui est fantastique, mais le progrès qui est formidable. Personne n’est respecté dans cette histoire et on ment à tout le monde. Qu’espère-t-on en nous faisant passer une trithérapie pour une simple formalité ? L’intention affirmée est d’encourager les gays séropos à se soigner, et donc à devenir moins contaminant. Mais a-t-on bien évalué le revers de cette communication ? Les jeunes gays interprètent ces messages tout autrement : le sida, qui se soigne si simplement ne leur fait plus peur, il devient anodin d’abandonner la capote.

En proposant à Têtu de publier mon reportage, qui préfigure un livre que je suis en train d’écrire, je pensais justement proposer une ouverture vers un autre type de prévention, plus équilibré. Il s'agit de donner la parole aux jeunes séropositifs, pas de fabriquer des pseudos témoignages orientés. On a tout à gagner à montrer la réalité du vécu du sida, sans dramatiser, mais sans déni. Actuellement les jeunes séropositifs se planquent pour se protéger de la stigmatisation. Résultat, le sida est invisible, les laboratoires pharmaceutiques en profitent pour bidouiller des images aseptisées et nous vendre un avenir radieux médicalement assisté.

Capote chérie, ils sont devenus fous !

Être jeune et séropo, c'est quoi ? Trimballer en permanence dans son sac auprès de son smartphone une petite boîte discrète (photo Amaury Grisel) ou être branché et prendre des notes sur son smartphone (Photo têtu)
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NB : L'ensemble de mon texte et des photos prises par Amaury Grisel sera publié intégralement d'ici quelques jours sur le site des éditions Le Gueuloir.

  • Bristol-Myers Squibb (BMS) est une entreprise pharmaceutique américaine, dixième groupe pharmaceutique mondial.


mercredi 7 septembre 2011

Chantons dans le placard : exposition au centre LGBT de Paris

Évocation en images du spectacle Chantons dans le placard, au centre LGBT de Paris du 9 septembre au 5 octobre 2011. L'occasion de rappeler comment depuis 15 ans nous œuvrons pour faire sortir du placard tout un pan de notre culture LGBT

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Un placard qui a de la suite dans les idées !

La sortie du placard de la subculture musicale gay et lesbienne remonte au milieu des années 90. Souvenez-vous de cette période durant laquelle la musique techno devenait l’étendard de toute la vie gay. Même Dalida devait être remixée pour satisfaire les goûts du moment ! Il fallait réagir et refuser ce diktat culturel.

C’est pourquoi en 1997 l'association Les Gais Musette dont j'étais le président fondateur entreprit une reconquête de la mémoire, sous la forme de la publication d’un CD, réalisé par le journaliste collectionneur Martin Pénet, lui-même assisté par un technicien restaurateur de génie Lionel Risler. Ces chansons interlopes, récupérées sur de vieux disques 78 tours, ont de quoi nous surprendre parce qu’elles sont apparues à une époque où les homosexuels se planquaient, et risquaient souvent bien des ennuis lorsqu’ils étaient victimes de que l’on n’appelait pas encore l’homophobie. Du coup les chansons maniaient l’allusion, les jeux de mots et l'humour. Cet assortiment permettait de transgresser dans la bonne humeur. La figure de la folle est toujours la plus appropriée pour ouvrir le chemin de la tolérance, n’en déplaise aux nouveaux normalisateurs de la gaytitude respectable.

Une fois ce patrimoine redécouvert, l’idée vint de le mettre en spectacle. Michel Heim, auteur notamment des comédies des Caramels fous, se mit à la tâche et Chantons dans le placard fut créé à Paris au Tango en 2006. Ce fut l’occasion pour Martin Pénet, soutenu par La Boîte à Frissons, de sortir une nouvelle compilation de chansons interlopes « revue et augmentée ». Et c’est ainsi que naquit notre manie de collectionner toutes les chansons qui évoquait l’homosexualité, de près ou de loin (et parfois de très loin !).

Le double CD Chansons interlopes (encore disponible à la vente)
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En 2009, juste pour le plaisir, et cette fois avec la complicité d’un autre grand collectionneur (dingue comme on les aime !), Matthieu Moulin, des disques Marianne Mélodie, nous avons sorti la compilation du Bal de la Boîte à Frissons : nos plus folles chansons.

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Nous avons certes ressorti du placard des documents (comme un extrait du spectacle des pédalos de 1979), mais nous nous sommes aussi approprié tout un univers pas intentionnellement gay mais pour nous totalement « homo-sensible » ! La subculture c’est aussi cela : être capable de se faire une place dans un monde qui s’évertue à nous ignorer. Puisque l’on ne parle pas de nous, nous nous débrouillerons seuls, en récupérant à notre façon les plus beaux refrains : la réinterprétation des paroles ou le détournement de leur sens et même l’art du transformisme sont autant d’occasions de chanter dans le placard.

Enrichi de toutes ces découvertes, Chantons dans le placard, nouvelle version 2011, a cette fois l’ambition de faire partager toute cette culture à un plus large public. Tous les ingrédients sont réunis pour y parvenir : riche contenu, intrigue, humour, émotion. Cette exposition au centre LGBT se veut une entrée en matière, à travers quelques-unes des plus grandes figures de la chanson, nos icônes pourrions-nous dire !

Photo montage Charles Trenet de Narcisse Davim pour l'exposition
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Exposition au Centre LGBT de Paris du 9 septembre au 5 octobre 2011.
Vernissage vendredi 9 septembre à 19 h 30.

Le spectacle Chantons dans le placard sera joué du 22 septembre au 31 décembre 2011 au Petit Théâtre des Variétés.

dimanche 28 août 2011

Le Tango est resté ouvert tout l’été. Que s’y est-il passé ?

Tandis que l'été s'achève, voici les états d'âme d'une Taulière qui n'est pas partie en vacances.

DJ Gilou est resté aux platines, il ne part jamais, La Taulière est obligée de le mettre de force en vacances de temps en temps. Yasin est retourné dans son île tropicale, il est rentré à contre cœur et depuis il nous menace de nous quitter définitivement, c’est tellement plus fun à l’autre bout du monde. Jérôme le kiki modérateur de fumeurs, et Virginie (le passage douloureux à la caisse) prendront leur quartier d’été en septembre. La méchante Méziane, traditionnelle, a rejoint en août sa résidence secondaire pour trois longues semaines durant lesquelles la pauvre Taulière a du se taper tout le boulot ingrat : faire régner l’ordre sur la piste de danse et veiller à ce que le petit personnel ne se dissipe pas. Vous le voyez, cette année encore, nous avons assuré la continuité du service.

Ah oui la nouveauté ! Il se nomme Eloy (prononcer Eloï) et il sera de temps en temps devant la porte pour vous accueillir. Normalisation de la Boîte à Frissons qui s’offre un physionomiste ? Dans les faits, notamment le samedi, j’étais déjà souvent devant la porte pour gérer les foules, et je ne peux pas tout faire ! De plus ce garçon est plus doué que moi et surtout plus aimable, parait-il (merci pour moi !). Yasin vous explique en détails le pourquoi des précautions que nous prenons à la porte à du Tango (voir son billet sur ce blog). Dans la pratique, le théorique « Être ouvert à tous » s’avère finalement impossible à gérer.

Le plaisir de l’été c’est de voir passer de vieilles connaissances, ces amoureux de La Boîte à Frissons qui viennent moins souvent et profitent de la période estivale pour ressortir un peu la nuit. Parfois cela surprend, car le temps passe… Mince, en vieillissant les mecs ont vraiment un problème avec le bide… Alors on se raconte, et c’est très agréable. Je remets à l’heure mes pendules, et pour moi qui ai une mémoire de poisson rouge il n’est pas simple de m’y retrouver avec tous leurs amants qui passent. Au moins je me rassure, la normalisation homosexuelle n’est pas si aboutie que cela. La dernière tendance réjouissante : ces vieux couples qui ont résisté au fil des ans et s’adonnent au trio amoureux.

Mais toutes ces confidences glissées dans un petit coin de salle, véritable ravissement, ne concernent pas toujours nos histoires d’amour. La nuit est propice à toutes les folies de l’esprit : rêves, bonnes résolutions, envies dingues, échafaudages d’avenirs radieux… Toutes ces belles paroles seront-elles oubliées au petit matin ? Peu importe, la nuit le temps se suspend, c’est la magie de La Boîte à Frissons.

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