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mardi 15 janvier 2013

Mariage, porno gay, normalité

Quoi de commun entre le mariage et le porno gay ? la même aspiration à une hétéro normalité ?

Au lendemain de la grande manifestation catholique contre le mariage homosexuel j’ai envie de vous faire partager un commentaire de John Rechy, écrit en 1977 dans The sexual outlaw (cité dans la conclusion du livre de René Paul Leraton sur le porn gay).

  • « Nous voulons nous marier. Nous sommes en attente du vrai grand amour. Avons-nous tort ? Non si certains le veulent. Mais le mariage et la fidélité ne doivent pas devenir une obligation.
  • Adopter des enfants ? Nous pourrions être de bien meilleurs parents que certains autres.
  • Nous engager dans l’armée ? Devenir policiers. Soutenir toutes ces institutions pourries qui nous ont massacrés ?
  • Rejoindre les églises qui nous ont toujours crucifiés ?
  • Les révolutions sont vouées à l’échec quand le pouvoir en place se sentant menacé distribue des miettes. Donc ils peuvent très bien nous « permettre Â» de nous marier, de nous engager dans l’armée, de devenir flic ou religieux. Mais ils ne nous laisserons pas baiser !
  • Essayer d’être plus hétéro que les hétéros dans notre façon de vivre est une forme de haine de soi-même. Â»

Durant cette bataille pour le mariage gay, je m’intéresse en effet au cinéma porno (pour un projet de documentaire mis en atelier au sein du collectif Parlons Q). Très ignorant sur le sujet, cela me donne un regard assez naïf. Quel rapport avec le mariage ? Il se trouve que le porno véhicule des valeurs et des modèles culturels. Ainsi, et surtout depuis la fin des années 80, l’homme qui excite les gays dans les films a de préférence des allures d’hétéro, aux manières plus viriles que tendres et il est super bien membré. Il y a chez les gays cette contradiction, ils hésitent entre un grand conformisme et des envies de liberté.

Quoiqu'il en soit, les plus jeunes découvrent aujourd'hui que la lutte militante a son utilité, et c'est cela qui me fait plaisir.

Lire : Le porn gay. Le film porno gay : histoire, représentations et construction d'une sexualité. René Paul Leraton, éditions H & O, 2002.

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lundi 19 novembre 2012

Vieillir LGBT

Une conférence s'est tenue à Paris à l'initiative du Centre LGBT. Un thème avec lequel les gays ont beaucoup de mal !

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Quand on est gay comment aborder la question du vieillissement ?

En caricaturant : vous savez les gays ne font pas leur âge, ils soignent leur allure, utilisent depuis longtemps des crèmes anti-rides.
En dramatisant : un gay commence à être vieux à 30 ans et n’ose plus se montrer en public après 50.
En niant le problème : on connait tous de vieux cochons, les gays continuent leur vie sexuelle, en plus y’a le viagra.

A la conférence « vieillir LGBT Â» organisée le week end dernier par le Centre LGBT le constat était moins fou (folle !) : les vieux gays sont simplement un peu plus seuls, ils ne peuvent pas compter sur le traditionnel réseau de solidarité familial, ils portent souvent sur leurs épaules le poids d’une vie passée à dissimuler son homosexualité et ils ont pris en pleine gueule l’épidémie de sida. Alors ils compensent et s’adaptent en cultivant d’autres rapports solidaires, ceux que l’on a avec les amis, qui constituent une autre famille, choisie celle-là ! Même que les vieux célibataires rêvent encore de rencontres et ne désespèrent pas de trouver le partenaire avec qui ils aimeraient partager leurs vieux jours. Enfin ils se cultivent plus que les autres car ils ont le temps !

Actuellement c’est une nouvelle génération de gays qui va parvenir à la retraite, notamment ceux qui ont été les acteurs du mouvement homosexuel des années 70-80. Cette conférence faisait justement le point sur toutes les initiatives en cours. A Los Angeles il existe déjà une maison de retraite à la mode américaine, luxueuse avec piscine et spa, financée par de riches sponsors. Au Québec et aux Pays-Bas des organisations gays cherchent plutôt à intervenir pour que les maisons hetérottes se sensibilisent aux particularités des vieux gays et vieilles lesbiennes. En France on est aux balbutiements de la réflexion sur le sujet. Les associations comme les Gais Retraités, HommeFleur, David et Jonathan, L’Autre Cercle imaginent des formes d’organisation adaptées à nos spécificités : on se met alors à rêver d’immeubles semi-collectifs, de coopératives gérant une maison de retraite intergénérationnelle, d’encadrement amical de plus vieux que soi…

Mais une représentante du syndicat des directeurs des maisons de retraite a jeté un froid sur nos envies de bien vieillir. La réalité est bien moins rigolote, y compris pour nos amis hétéros, puisque 80 % des vieux (plus souvent des vieilles du reste) sont déjà atteints de la maladie d’Alzheimer lorsqu'ils aboutissent dans les établissements spécialisés, ils y entrent contraints et forcés. Le personnel est débordé, les budgets de fonctionnement sont serrés.

Bref gay ou pas, le hic est le moment où l’on bascule dans la grande vieillesse. Car avant cela, la question centrale pour les gays de tous âges reste la même : aménager sa vie pour ne pas être seul et savoir profiter des solidarités communautaires. L’ennemi du marginal est son isolement, sa force est sa famille reconstituée et choisie.

mardi 6 novembre 2012

Qu’on en finisse avec le mariage

Madame Hervé n’a jamais été fan du mariage et pense que les homos sont rattrapés par leur éternelle contradiction : droit à l’indifférence ou fierté d’être différent ?

Une des rares raisons qui pouvait me réjouir de voir revenir les socialistes aux affaires était qu’ils allaient enfin nous débarrasser de cette histoire de mariage des homosexuels. Ben oui, à titre personnel je ne suis pas fan du paradigme « Ã©galité des droits Â» avec lequel se délecte le mouvement LGBT depuis tant d’années, en particulier depuis le montage médiatique du mariage de Bègles. Moi cette égalité-là je m’en fiche, car je n’y crois pas. Il y aura toujours des riches et des pauvres, des dominants des dominés, et donc des discriminés… des homos et des hétéros. Et donc des luttes sociales !

Je ne crois pas non plus à l’efficacité des lois « bonne conscience », du genre on interdit le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, l’usage du tabac, la drogue, l’euthanasie, sans oublier la prostitution ! Car se faisant, on ne s’attaque pas aux racines des soucis de la société.

Et les homos ont voulu croire qu’en accédant au mariage ils auraient enfin leur place et leur reconnaissance dans la société, comme les parvenus pensent qu’en s’enrichissant ils peuvent enfin passer pour des bourgeois. C’était oublier (et les anti-mariage vous le rappellent avec force) que la famille, organisée autour du mariage est le fondement de la morale qui nous persécute depuis toujours. Vous aurez beau tout faire pour vous assimiler à la norme hétérosexuelle, vivre en couple stable et fidèle, être de bons parents exemplaires, vous ne serez jamais assez normal pour faire oublier que justement vous êtes différents.

Dans le mouvement homosexuel il y a toujours eu cette hésitation entre deux aspirations : être comme les autres (le fameux droit à l’indifférence) ou au contraire vivre pleinement sa différence. Dans un cas on a envie de se marier, dans l’autre on aimerait inventer d’autres rapports amoureux.

samedi 3 novembre 2012

Connaissez-vous la marque LATAPEX ?

Dans son ancienne vie La Taulière enseignait les sciences économiques et sociales, et déjà, comme lui ont rappelé des anciennes élèves en visite au Tango vendredi soir, Hervé Latapie était branché « prévention ».

Le moment de bonheur vendredi soir fut la visite de trois anciennes élèves du lycée de Villeneuve La Garenne où j’ai fini ma carrière de prof au milieu des années 90. D’abord les compliments du genre « oh vous n’avez pas changé M’sieur Â» (les menteuses !), puis l’évocation des souvenirs…

L’un d’eux m’a littéralement sidéré. « Monsieur, vous vous rappelez de LATAPEX ? » Et elles ont toutes trois un gros fou-rire.
- A non ? C’était quoi ?
- Ben dans le cours sur la création des entreprises. C’était le nom de la société que vous nous aviez donné en exemple.
- Latapex ? … ???
- Oh, il ne s’en souvient pas ! (elles se bidonnent) Ben oui, « Latapex », la fabrique de préservatifs !

Là effectivement j’ai également éclaté de rire et tout cela m’est revenu en mémoire. Le cours de seconde sur l’entreprise que j’avais conçu comme un jeu « l’entreprise dont vous êtes le héros ». Il fallait trouver une idée et bâtir un empire capitaliste… En plein boum du sida et de la découverte des bienfaits du préservatif, je me suis inspiré de… DUREX ! Je m’étais également servi d’un extrait de l’émission Culture Pub qui présentait une compilation de toutes les pubs du monde entier sur le préservatif (et les petites élèves musulmanes suivaient le cours avec attention, les garçons ricanaient pour faire les malins). Cela avait juste suscité la curiosité du collègue de la classe voisine : il donnait un devoir sur table et ses élèves entendant forcément des bribes de ces spots affriolants avaient été troublés…

Avec mes anciennes élèves, l’évocation de la formidable histoire de l’entreprise Latapex nous ramena à discuter du Sida et de l’air du temps actuel. Fini l’époque où justement on en parlait partout, même dans les cours d’économie. Aujourd’hui elles sont mères de famille et constatent que les enfants ne perçoivent plus la maladie comme une menace sérieuse et qu’il n’y a plus comme avant assez d’information et de mobilisation.

Moralité à faire méditer aux stratèges de la prévention : le martèlement de messages, même entourloupé grossièrement, ne représente pas forcément un traumatisme et peut même laisser dans les esprits de très bons souvenirs.

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mercredi 24 octobre 2012

Bal des travs mode d'emploi

Allez-vous enfin participer à ce bal mythique ? Voici un mode d'emploi pratique.

De bal en bal nous améliorons la formule pour permettre au maximum de monde de jouer le jeu, et en prime nous organisons des animations : mercredi prochain Mademoiselle Gisèle, Lady Zoa et Tara Jackson formeront un drôle de trio pour chanter la salsa des travelos.

Pour cette collection d'hiver, nous vous proposons plusieurs formules :

1) Le Baptême de travelo :
Faites votre baptême de travelo et entrez dans le traveloscope* du Tango. Pour cela contactez-nous au moins une semaine avant, histoire de choisir votre tenue. Avant minuit vous serez présentés au public, photographiés, puis entrainés en coulisses pour habillage et maquillage. Ré-apparition une heure après en créatures de rêve !
(Dernière minute : cette animation est déjà complète, trop de candidats cette année, on vous le dit, la mode travelo refait fureur)

2) Le défilé des collections hiver 2012
Si vous êtes déjà familiarisés avec le travestissement vous arriverez en grande tenue et vers 2 heures du matin vous participerez au défilé des collections hiver 2012 qui sera commenté cette année par le duo qui règne sur la Boîte à Frissons : Madame Hervé et son fidèle associé Méziane (Chantal Raclée pour l'occasion).

3) L'atelier de travelottage
Les paresseux et les novices pourront en arrivant se diriger vers l'atelier de travelottage au fond de la salle où Mademoielle Gisèle, Miss Glam Rockwell, Brithney Nails opéreront des transformations rapides.

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4) La maquillage express :
Et pour que personne n'échappe à la folie de la soirée, le ravissant Sweety Bonbon circulera dans la salle avec rouge à lèvre et crayons noirs histoire de vous colorer un minimum la bobine.

5) les photos souvenirs :
Enfin, notre talentueux photographe Amaury Grisel immortalisera votre allure, et les photos seront projetées toute la soirée. Elles alimenteront par la suite notre collection privée, notamment le fameux "traveloscope".

La fête totale, pied de nez à la crise ! Prochain bal costumé en février, pour le bal des Folles !

lundi 22 octobre 2012

Un gay perdu parmi les lesbiennes

Le thé au Gazon, rendez-vous mensuel des lesbiennes au Tango est pour un gay une belle occasion d’expérimenter la problématique de la mixité.

La Boîte à Frissons, installée au Tango en 1997, a toujours affirmé son caractère mixte : le bal est gay et lesbien. Pourtant force est de reconnaître que c’est un lieu avant tout gay, ne serait-ce que parce que ses animateurs sont gays. Pourtant les lesbiennes sont nombreuses à le fréquenter et ne semblent pas s’y sentir trop mal à l’aise. Certes il y a parfois à la porte des couacs, lorsque des filles suspectées d’être hétérottes sont refusées par erreur. Mais notre cohabitation ne se déroule pas si mal.

Et une fois par mois (le troisième dimanche) les lesbiennes investissent le Tango pour leur Thé au Gazon. A chaque fois que j’y fais un tour, j’expérimente une situation que beaucoup de gays devraient connaître de temps en temps : je suis tout à coup ultra minoritaire (Dimanche nous étions 4 hommes dans la salle pour plus de 200 femmes).

Et je ne me sens jamais à l’aise dans mes baskets : j’appréhende, je jette des regards inquiets sur mon entourage, j’évite de fixer trop longuement un visage, je me demande surtout comment peut être interprétée ma présence, et je souris le plus gentiment possible pour faire comprendre que je ne suis ni hostile, ni voyeur. Notez que je n’ai jamais ressenti une seule fille agressive à mon égard lors d’un thé au Gazon, mais c’est plus fort que moi, j’imagine que ma présence puisse passer pour incongrue.

Et cela me ramène à une question omniprésente dans le mouvement homosexuel, celui de la mixité. Pourquoi les gays sont-ils si souvent agressifs face à la revendication des filles de disposer d’espaces non mixtes ? Ainsi aux universités d’été à Marseille cela faisait toujours débat, au Centre LGBT certains, encore aujourd’hui, raillent le Vendredi réservée aux femmes. Les gays oublient leur propre non mixité si courante dans leurs établissements de prédilection.

Au Tango, le thé au Gazon est l’espace lesbien, les garçons y sont tolérés mais très peu se déplacent (quelques pédés à lesbiennes, comme il y a les filles à pédés) et c’est très bien ainsi. La non-mixité, personne ne nous y enferme, c’est la réalité sociale et ses discriminations qui parfois la rendent nécessaire et légitime.

vendredi 19 octobre 2012

Pour un retour du sida dans les associations LGBT

Au Tango, le samedi soir on ne craint pas les conversations militantes. Exemple de la semaine : la place du sida dans les associations sportives LGBT.

Dans mon livre Génération Trithérapie je défends la thèse que pour re lutter efficacement contre l’épidémie de sida chez les gays il faut sortir du silence et rendre plus visible la séropositivité. C’est pourquoi avec un petit groupe d’amis nous préparons une initiative pour appeler à la mobilisation de la communauté gay.

Du coup samedi soir, croisant le président d’une association sportive j’en profitais pour aborder le sujet avec lui. Je lui exposais notre idée : provoquer durant quelques mois un grand déballage communautaire sur le thème de la prévention, en se posant chacun la question : concrètement, à notre niveau, que faisons-nous, et que pourrions-nous faire de plus pour enfin inverser cette sinistre remontée des contaminations chez les homosexuels ? Et je lui demandais directement :
- Combien avez-vous d’adhérents séropositifs dans votre club ?
Il m’a regardé un peu choqué, incrédule. J’insistais :
- Combien avez-vous d’adhérents ?
- Euh, environ 300.
- Donc vous avez au moins entre 25 et 45 séropos parmi vous. C’est quand même intéressant de le savoir. Aucun n’apparait clairement en tant que tel ? Vous n’abordez jamais la question entre vous ?
- Mais Hervé cela ne nous regarde pas, tu ne veux quand même pas qu’on leur demande leur statut sérologique ?
- Non bien sûr, mais je m’interroge sur cette invisibilité. Est-elle souhaitable, ou pourrions-nous la briser ? Il faudrait au moins leur demander leur avis, qu’est-ce que les séropos préfèrent : rester incognito ou partager leur expérience avec les séronégatifs ?

Et logiquement c’est en parlant de cette invisibilité des séropos que nous avons commencé à discuter de prévention et de la possibilité de l’introduire dans l’activité du club.

Voilà une illustration du débat qui serait souhaitable de lancer dans le monde des associations LGBT : comment chaque association, notamment celles qui aujourd’hui regroupent le plus de monde (sportives et de convivialité), peuvent-elles intégrer dans leur activité la question de la lutte contre le sida et les IST ?

mercredi 17 octobre 2012

LA GRACE D'UN SAMEDI SOIR

A la soirée "danse avec moi !" vendredi dernier, le bonheur de tenir un garçon dans ses bras.

J’ai ressenti une certaine grâce vendredi soir à la soirée « danse avec moi ! ». Les oiseaux de mauvaise augure, toujours sceptiques au sujet de mes lubies, prévoyaient le pire. Pourtant vers 1 h 30, à l’heure habituelle du show j’ai osé haranguer la foule, j’ai empoigné un complice, fort joli garçon en tenue affriolante, et montrer à la cantonade comment saisir son cavalier et danser très facilement une marche et un tango.

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Ce fut du pur bonheur collectif.

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En observant le succès du beau John, qui fêtait ce soir-là son prochain départ pour d’autres aventures outre atlantique, je songeais à l’esthétique homo érotique. Sans nul doute, celle que je préfère est ce mélange masculin féminin, un brin insouciant. J’ai l’impression que la période des homos machos, musclors désagréables, ignorant ce qu’est sourire, est bel et bien derrière nous. Mon seul regret est que la folle esthétique soit devenue barbue.

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mardi 9 octobre 2012

Danse avec moi !

« Au Tango, au bal de La Boîte à Frissons, en première partie de soirée, y’a que des vieux, qui dansent des trucs bizarres sur des musiques ringardes. Â» Parait que ce serait l’avis général des garçons à la mode du Marais. Madame Hervé elle, sait très bien que danser à deux reste le meilleur moyen de faire des rencontres.

J’adore observer la réaction des clients qui débarquent pour la première fois avant minuit et assistent au spectacle de ce bal inhabituel. Victimes de leurs préjugés, certains sont tentés de sourire et de se moquer (ouaf, ouaf c’est ringard !). D’autres sont d’emblée conquis, leur sourire n’est pas convenu, ils perçoivent de suite l’ambiance bon enfant et mesurent la différence avec les autres boîtes de nuit. Mon plus grand plaisir, certains soirs, est de me lancer dans une initiation improvisée (que je nomme : « ronde des débuTANTES Â» !), en quelques minutes je parviens à entraîner une vingtaine de couples à danser une marche ou un tango. Alors ils découvrent : la danse à deux c’est quoi ? C’est prendre un garçon (ou une fille) dans ses bras, engager avec lui (ou elle) quelques tours de piste, et c’est encore un des meilleurs moyens pour faire des rencontres, en s’amusant !

Et oui, le bal musette représente une certaine conception de la nuit et de l’amusement, c’est pour cela que nous y sommes si attachés. C’est un état d’esprit basé sur l’échange et le dialogue, cela nécessite une initiation minimum, le respect de quelques règles (on tourne sur la piste dans le bon sens pour ne pas se bousculer). C’est ainsi que certains ayant débarqué par hasard en début de soirée, y ont pris goût et sont devenus des accros.

Soirée spéciale découverte des danses à deux vendredi 12 octobre à partir de 22 h 30.

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En pratique :
Au Tango nous dansons à deux en début de soirée de l’ouverture jusque vers minuit trente. Observez les danseurs et n’hésitez pas à leur demander de vous inviter pour une danse facile (marche, paso et même tango, la valse est un peu plus difficile). En prime nous nous délectons avec toutes nos trouvailles musicales, la programmation si variée constitue une véritable encyclopédie musicale (tous les styles, tous les pays, toutes les époques).

Cours de danse :
Il existe à présent deux cours de danse « same sex Â» à Paris, Les Gais Musette bien sûr, et « Laissez-nous danser ».

mardi 29 mai 2012

Gloire et beauté au tournoi de sports LGBT

Madame Hervé qui n’a jamais été sportive fait néanmoins l’éloge des sportifs LGBT qui ont organisé le TIP le week-end dernier. Elle regrette néanmoins l’absence de compétition pour les travelos !

« Le rendez-vous de Paris Â» réunissait samedi dernier les virtuoses de la danse à deux « same sex », et cela dans le cadre du TIP (tournoi international de Paris). Une compétition bon-enfant qui en dit long sur le chemin parcouru depuis l’apparition des associations sportives gays et lesbiennes au milieu des années 80.

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Dans le monde LGBT les sportifs constituent le gros bataillon des troupes : ils sont les plus nombreux et les mieux organisés. Moi qui ai peu l’esprit de compétition, je dirai que l’efficacité de leur fédération (la FSGL) constitue la démonstration que le caractère quasi militaire des machineries sportives a de bons côtés. Avec eux, tout tourne : délégations du monde entier accueillies, hébergées, encadrées. Locations de salle tous azimuts aux quatre coins de Paris. Fête finale dans une grande salle sans mégalomanie, et donc gestion financière rigoureuse, le tout encadré par une équipe bénévole hyper sympa. Bref un esprit que l’on aimerait trouver partout ailleurs dans le monde associatif.

Et du coup je ne peux m’empêcher de penser très fort, et avec beaucoup d’émotion à mon ami Dominique Poggiale, un des fondateur du CGPIF (ancêtre de la FSGL) en 1986 (la Taulière est ainsi, elle ressasse !). La première fois qu’il m’a parlé de cette idée de clubs de sport gays j’ai rigolé. Du sport de pédé ? Moi qui vomissais tous mes souvenirs de vexations et d’ennui dans mes cours de gym à l’école, sans parler des frustrations honteuses ressenties dans les vestiaires. Mais Dominique, par ailleurs militant politique et syndicaliste, m’avait exposé sa conception : « C’est pas parce que t’es pédé et que tu risques des insultes que tu n’as pas droit au plaisir de faire du sport. On va se créer un environnement dans lequel on sera nous-mêmes ». Depuis Dominique est mort du sida, il serait tellement fier et heureux de voir comment sa petite fédération a évolué.

Pour les Gais Musette, ce fut exactement la même chose : puisqu’il n’était pas facile d’aller danser la valse entre mecs dans les bals populaires, nous avons créé un autre environnement, où cette fois, « entre nous Â» nous pourrions nous adonner à notre passion. Là encore bravo pour le chemin parcouru depuis 1995 (date du 1er bal gai musette). Samedi la compétition avait lieu dans un gymnase municipal, devant un public très mixte, les gens du quartier s’arrêtaient devant la grande porte ouverte et jetait un coup d’œil en appréciant la performance des danseurs et des danseuses.

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Quand je pense que l’on nous bassine depuis des années avec la phobie du communautarisme. La communauté, lorsqu’elle porte des bons projets, travaille avec un bon esprit et s’organise bien, elle fait des merveilles.

PS :
Je regrette beaucoup que ma grande amie Candy Lafolle ne m’ait pas accompagné à ce concours de danse (parfois les folles s’égarent dans des plaisirs plus artificiels et moins authentiques). Elle aurait pu faire une description des couples de danseurs modelés dans de bien curieuses tenues ornementées de strass et de paillettes. Elle se serait extasiée devant la variété des couples de femmes, aux tenues peut être pas très heureuses. Elle aurait regretté l’absence d’un couple de travelos qui aurait pu porter le numéro 69 (année de naissance officielle et factice de Madame Hervé). La danse quick step l’aurait fait sursauter tant cela semblait tout à coup devenir une compétition de patinage artistique. Enfin, peut-être aurait-elle tout à coup rêvé de voir surgir un couple de jolis danseurs en tenue légère (genre shorty lycra) ou entièrement revêtus de cuir seillant.

Je n'ai pas résisté au plaisir d'immortaliser ma visite. Le couple de danseurs a été choisi par hasard...

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jeudi 24 mai 2012

Le sida indésirable dans le futur méga-centre LGBT

Le sida supprimé des statuts du futur Centre LGBT. Voilà ce que trament ceux qui prétendent construire le grand mouvement LGBT de demain. Mais qui va réagir ?

Le sida va disparaitre des statuts du Centre LGBT Paris ÃŽdF. Quelle bonne nouvelle ! Il n’y a pas que les médecins, chercheurs, laboratoires pharmaceutiques qui spéculent sur l’éradication de la maladie, voici que les militants homosexuels (du moins certains d’entre eux) rayent d’un coup de stylo l’existence de la maladie.

Rappelons le contexte : depuis le mois de décembre 2011, une poignée de militants LGBT, conduits par les responsables de l’Inter LGBT et la Présidente du Centre, déploient toute leur énergie pour réaliser la fusion du Centre et de l’Inter. Quel est leur projet ? Que souhaitent-ils faire dans ce méga centre ? Quelle est leur analyse des priorités actuelles du mouvement homosexuel ? En tout cas certainement pas la lutte contre le sida ! La mention du sida a purement et simplement été supprimée des statuts de la future structure.

Anodin ? Que non ! Les statuts sont à une association ce qu’est la constitution pour un pays (c’est ce que nous avons discuté mercredi 23 mai lors d’une première rencontre-débat de la nouvelle université populaire LGBT, consacrée à l’histoire du Centre à travers l’évolution de ses statuts). Depuis la création du CGL en 1993 le sida a toujours été un des objets de l’association clairement défini. Il aura donc fallu attendre cette fusion avec l’Inter LGBT pour que soit osée la disparition du mot sida des statuts.

Cela en dit long sur ce projet de méga-centre et illustre parfaitement ce que nous sommes un certain nombre à dénoncer depuis quelques mois : cette fusion résulte d’une mauvaise appréciation des enjeux actuels du mouvement LGBT, elle ne répond à aucune nécessité, loin d’assurer la « force par l’union », elle va entraîner des divisions et des gaspillages. Le malheur est que tout cela se prépare et risque d’être adopté dans l’indifférence générale : jusqu’à aujourd’hui les autres grandes associations LGBT laissent faire et se taisent (à l’exception de Contact, du MAG et d’OuTrans).

Aujourd’hui ce sont tous ceux et celles qui se préoccupent de la persistance des contaminations du VIH chez les homosexuels qui peuvent s’inquiéter. Le sida va disparaître des articles «objet Â» et « moyens d’action Â» des statuts de ce que l’on nous annonce devoir devenir la plus grande association LGBT française.

NB : deux informations :
1) Réunions d’information sur ces statuts jeudi 24 mai à 19 h et samedi 26 mai à 14 heures au Centre LGBT, adoption prévue au cours d’une AG extraordinaire convoquée le vendredi 15 juin à 18 heures
2) Parce qu'il faut bien palier aux insuffisances de ce Centre LGBT : un grand débat animé par le journaliste Anthony Bellanger (Le Blogueur, Arte) se tiendra au Tango le mardi 19 juin à 20 heures : Le sida s'invite à la Gay Pride : 30 ans après, quelle prévention pour les gays ?

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vendredi 4 mai 2012

Réunionite illusoire pour une fusion annoncée

Les préparatifs de la fusion du Centre LGBT et de l'Inter LGBT se poursuivent dans l'indifférence générale. La suite du feuilleton raconté par notre Kroniqueuse.

Les premiers épisodes de ce feuilleton :
Episode 1 : Le combat pour un autre Centre LGBT
Episode 2 : Mettre de l'ordre dans le mille feuille associatif.

Je me suis donc rendu hier à l’ultime réunion de préparation de la fusion entre le Centre LGBT et l’Inter. Cette fois était annoncée « la finalisation Â» du projet. Pour l’occasion nous avons eu droit à un exposé (toujours avec ce satané power point) d’une professionnelle juriste (budget de la prestation entre 6 et 7000 euros). Elle a présenté toutes les hypothèses, et j’ai surtout noté qu’elle employait à présent sans complexe le terme de « fusion ». Adieu donc le rapprochement ! On ne sait pas trop qui va absorber l’autre, mais au niveau du fonctionnement il est clair que c’est l’Inter qui impose au Centre un fonctionnement très subtil : un CA de personnes physiques, un conseil d’orientation dominé par les personnes morales et beaucoup de réunions-débats en perspective. J’ai trouvé que le tout était encore bien approximatif et compliqué : imaginez une répartition de l’assemblée par collèges de membres différents, assorti d’une pondération pour compenser l’absence possible des représentants des associations. Si comme moi vous n’y comprenez rien, ne vous inquiétez pas car le Président de l’Inter nous a encouragé à nous lâcher : « il n’y a pas de questions bêtes Â» a-t-il dit. J'ai souris car j'ai pensé : non, c'est juste le projet de fusion qui n'est pas très malin.

La discussion est restée très technique, il va sans dire qu’à aucun moment la question du pourquoi d’une telle fusion ne leur a effleuré l’esprit. On a parlé fonctionnement, gouvernance, modalités d'adhésion. Pour quoi faire ? La même chose qu’avant, mais plutôt que d’avoir deux associations spécialisées on en aura qu’une. Parce que soit disant, l’union fait la force : « Tous ensemble, tous ensemble ! »

Ce qui était clair est que pour l’instant cette union a des allures de peau de chagrin ! Dans la salle des mariages de la Mairie où se tenait la réunion (un symbole a cru bon de souligner la juriste rémunérée), il y avait en tout et pour tout une trentaine de personnes, plus de la moitié faisaient partie du groupe de travail, du CA du Centre ou de l’Inter. J’ai bien compté, au moins 5 ou 6 associations représentées, sur plus d’une centaine adhérentes des deux structures, cela ne fait pas beaucoup !

D’où ma question ? Pourquoi cet entêtement ? L’indifférence générale des associations LGBT pour cette fusion est flagrante. C’est la troisième réunion qu’elles ignorent ! Mais les technocrates s’en moquent, ils ont conçu cette fusion et iront jusqu'au bout, quitte à se retrouver sans troupes.

jeudi 3 mai 2012

Moi Président de la République

Moi Président de la République je lancerai à Paris un grand festival d'accordéon international, je laisserai utiliser tous les samedis soirs les cours de récréation des écoles pour y organiser des bals musette ou des boums (sans alcool). Ainsi en faisant la fête dans tout Paris, il n’y aura plus à l’entrée des boîtes ni files d’attente, ni ségrégation.

Moi Président de la République je réformerai la Sacem pour que les droits d’auteurs soient répartis plus équitablement (pas tout à Johnny, Madonna ou Gaga, mais plutôt aux petits qui débutent). Je mettrai un peu d’ordre dans le droit des successions pour forcer Orlando à offrir gratuitement au public le répertoire intégral de sa sÅ“ur et arrêter de nous sortir une nouvelle compilation inédite tous les ans !

Moi Président de la République je porterai le ruban rouge en guise de légion d’honneur, et je taxerai très fortement toutes les dépenses de publicité des laboratoires pharmaceutiques.

Moi Président de la République, je prendrai au moins un ministre ouvertement séropositif(ve), un autre transsexuel(le).

Moi Président de la République j’autoriserai toutes les fantaisies en matière de plages horaires dans les piscines municipales : une heure pour les naturistes, une autre pour les gros, une pour les pédés qui aiment être en maillot de bain, une pour les gouines radicales, le lendemain pour les familles avec enfants etc. L'unique plage horaire interdite sera celle pour les seuls riches (ceux là ont déjà leurs piscines privées dans lesquelles il font ce qu’ils veulent).

Moi Président de la République j’instituerai dans les écoles la journée du travestissement pour éduquer nos enfants à la notion de genre. Chaque garçon recevra un tube de rouge à lèvre et chaque fille une cravate (on variera les symboles selon les années).

Mais je ne serai jamais Président de la République, je suis juste Taulière d’un bastringue ringard. Alors sincèrement je vous souhaite une belle fête ce 6 mai, et si possible au son de l’accordéon !

Madame Hervé au bal des travailleurs, veille du 1er mai.

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vendredi 13 avril 2012

Le MEGA CENTRE pour mettre de l'ordre dans le mille-feuille associatif

Suite du feuilleton sur la fusion Centre-Inter LGBT, notre kroniqueuse assistait à la réunion d'information d'hier soir. Au programme : présentation de l'organigramme et de la gouvernance... Le tout signé : power point, le logiciel qui remplit les creux de la pensée.

S’est donc tenue hier soir une réunion de présentation du projet. Moi je m’amuse parce que dans cette histoire, une chose est certaine, rien qu’à observer la manière dont ils s’y prennent pour nous faire avaler leur fusion, on a une idée de ce que cela va être.

La réunion était prévue depuis plus d’une semaine, mais c’est le jour même que l’on a reçu le document Power Point, lequel nous a été présenté pendant plus de 30 minutes au cas où nous ne saurions pas lire. Ah quel beau projet : organigramme détaillant toutes les futures actions des trois pôles (publics, inter-associatif et revendicatif), chaque pôle étant lui-même décomposé en plusieurs équipes, l’ensemble chapeauté par une gouvernance hyper simple, d’une part une AG annuelle, qui élit un CA détaillé, mais aussi un conseil d’orientation qui décide des affaires stratégiques. On a entendu le beau vocabulaire du Président de l’Inter : « temporalité », « synergie », « légitimité de son pôle pour candidater », « sanctuariser certaines fonctions », la mise en place de « fundraising ». Il me faisait un peu penser aux personnages de la World Company dans les guignols, en moins drôle bien sûr.

Pour éviter l’ennui je me suis amusé à compter les personnes présentes dans la salle (une petite trentaine), et je me suis dit qu’au moins avec tous les postes de responsables prévus, tout le monde pourra trouver sa place. Quoique la Présidente du Centre nous a expliqué que pour elle toutes ces responsabilités avaient été « une souffrance Â» (la salle était émue). Le nouveau conseil d’administration prévoit une vingtaine de personnes. En revanche il ne leur faudra pas avoir de vie privée, étant donné toutes les réunions en perspective : équipe, pôle, conseil d’orientation, CA, bureau. Y’a un côté soviétique, mais l’autogestion pourquoi pas, c’est sympa ! Sauf que si j’ai bien lu, cette fois ce sont les associations qui auront le dernier mot. Comme l’a dit le Porte parole de l’Inter à l’AG du Centre, « l’inter c’est la tête, le Centre les jambes », dans le Méga Centre les petits volontaires bien mignons n’auront qu’à suivre les orientations stratégiques du grand conseil, leur voix sera minoritaire, presque consultative (2/3 pour les assocs, 1/3 pour les personnes physiques).

La discussion a commencé. Tous les intervenants ont été d’une politesse surprenante : « bravo pour votre énorme travail, quel beau projet ! » (Ils sont hypocrites ou quoi ? Ce projet est un délire de technocrates totalement déconnectés de la réalité du travail quotidien des associations, il n’a pas d’autre objectif que de satisfaire l’ambition personnelle de quelques-uns qui nous ont montré leur efficacité en dépensant des dizaines de milliers d’euros pour s’organiser un meeting qui a fait un vrai flop médiatique, pourtant grand objectif affiché avant sa tenue). Y’a bien eu quelques questions qui se voulaient gênantes (« mais pourquoi donc être si pressés de faire passer ce projet ? ») mais le porte parole de l’Inter, qui a toujours le sens de la bonne formule a tout expliqué, pourquoi ce projet si rapide ? « Pour simplifier le mille-feuille associatif Â» a-t-il dit, en ajoutant qu’à Nantes, ils étaient unis, eux, et qu’ils trouvaient insultant nos petites discussions et hésitations.

Il a oublié de dire qu’à Nantes, il n’y avait pas plus d’associations que celles qui étaient présentes dans cette réunion, et qu’un printemps des associations à Nantes tiendrait dans le rez-de chaussée du Centre LGBT de Paris. Tiens c’est vrai, pouvons-nous suggérer à ces grands concepteurs de l’avenir du mouvement LGBT français de s’interroger : pourquoi ce « beau projet Â» ne suscite décidément aucun élan collectif ? Pourquoi rament-ils autant avec leurs diaporamas power point ? Leur idée ne serait-elle pas tout simplement mauvaise ?

Je suis parti avant la fin de la réunion, affamé. J’avais envie d’aller croquer un beau mille-feuille, un bien gros, quand on croque dedans la crème déborde et se répand partout. Ce n’est pas propre, mais qu’est-ce que c’est bon !

lundi 2 avril 2012

Commerçant et militant

Madame Hervé n'aime pas que l'on fasse atteinte à son honneur. Son cri du jour : commerçant ET miliTANTE, et fier de l'être !

Hier dimanche 1 er avril je suis allé parcourir le salon des associations lgbt. Savez-vous pourquoi ? Parce je suis « intéressé de façon financière et commerciale, directement ou indirectement », car « ma clientèle au Tango est constituée en grande partie de membres de ces associations », parce que je « pratique le mélange des genres », et personne autour de moi ne relève « ce grave manquement à l’éthique ».

Ben oui, c’est ce qu’a dit à mon sujet la Présidente du Centre LGBT lors de la dernière assemblée générale le 3 mars dernier, et qu’elle n’a pas eu honte de répéter sur son blog sur Têtue.com. Elle a aussi dit qu’en organisant au Tango les thés dansants le dimanche pour les associations lgbt je pouvais les tenir et les avoir sous mon pouvoir ! (Les dites organisations apprécieront) Vous vous rendez-compte, Madame Hervé parrain du milieu LGBT ! (oui ce terme insultant est masculin !). Quel dommage que je n’ai pas les moyens d’un Pierre Bergé, là je pourrai m’en donner à cÅ“ur joie !

J’en rigole aujourd’hui parce que j’ai digéré ce coup bas assez dégueulasse (parfois seul le vocabulaire cru est le plus approprié), mais le soir de cette assemblée générale cela m’a fait chialer. Incroyable ma sensiblerie sur cette question de l’argent ! Un relent de mes lectures de Karl Marx ? Ou un effet secondaire de mon éducation catholique ? Probablement les deux à la fois ! Ma culture d'origine est loin d'être celle du commerce.

Tenez par exemple, j’ai un côté économe, je n’aime pas trop les dépenses ostentatoires, ni les flambeurs. Et quand je vois les difficultés financières actuelles du monde associatif, je regrette que les militants gays aient choisi le week-end du sidaction pour dépenser autant d’argent pour organiser un meeting électoral aux Folies Bergères (au moins 25000 euros m’a-t-on dit, soit plus que les 20.000 euros de la subvention annuelle du sidaction attendue au Centre lgbt en 2012). Ils m’ont dit : « c’était une belle soirée, émouvante ».

Et j’ai pensé : décidément, je ne suis pas moderne, car il n'y a pas si longtemps, pour communiquer et nous rassembler, on organisait aussi des belles soirées, c’était des fêtes, il y avait aussi des prises de parole… (sans remonter au Palace de 1981, ni aux fêtes d'après Gay Pride, de la Mutualité au Cirque d'hiver, en passant par l'Aquaboulevard, ou encore les galas pour Act-Up, etc.). On en garde aussi de très bons souvenirs, à la différence près que ces soirées étaient organisées pour gagner de l'argent, pas pour en dépenser ! On ne comptait pas sur les subventions pour militer.

Mince ! Est-ce donc parce que je suis un affreux commerçant que je pense ainsi ?

jeudi 29 mars 2012

Le combat pour un autre Centre LGBT

Ne ratez aucun épisode du feuilleton lgbt-esque de l’année : la fusion du Centre LGBT Paris ÃŽdF et de l'Inter LGBT. Madame Hervé résume les premiers épisodes et vous éclaire sur tous les tenants et les aboutissements.

- Fin décembre :

Madame Hervé, Taulière du Tango, mais aussi vieille militante passionnée de mémoire lgbt, s’offusque dans son blog du projet de fusion entre le Centre LGBT et l’Inter LGBT.

- Début Janvier 2012 :

La Présidente du Centre pique une grosse colère. Madame Hervé qui était jusqu’à ce jour une bonne copine, bienfaitrice des associations lgbt, est trainée dans la boue, invitée à se retirer du Centre, soupçonnée des pires ambitions personnelles, accusée de n’être qu’une vile patronne mercantile.
Pendant ce temps, on apprend qu’un mystérieux groupe de travail élabore un projet de rapprochement entre le Centre lgbt Paris ÃŽdF et l’Inter lgbt. Il serait composé, entre autres des policiers (le FLAG) et des « personnes qui exercent des responsabilités en entreprise Â» (L’autre Cercle, souvent surnommé le rotary club gay et lesbien).
Le combat au Centre LGBT s’engage !

- Fin janvier :

Certains voient dans tout cela une simple querelle personnelle : ils ont presque le même âge, ils se connaissent depuis longtemps, Madame Hervé, devenue en l’occurrence « Monsieur Latapie Â» et Christine Le Doaré, CLD en abrégé, entament un grand combat pour le pouvoir, la lesbienne contre le gay. En fait derrière cette polémique s’affrontent bel et bien deux conceptions de la vie militante. Mr Hervé défend le travail de terrain (l’accueil, la prévention, la culture), et CLD privilégie la communication politique (faire du lobbying).
Monsieur Hervé décide d’appeler à la mobilisation, constitue un groupe facebook, réunit un début d’équipe. On les nommera les « pro-autonomie ». CLD dispose de la maitrise du Centre, elle est entrée au conseil d’administration en 1999 (Présidence de Caroline Fourest) et en est Présidente depuis 2005.

- Début février :

En croyant simplement dénoncer les horribles intentions de ce projet de fusion, les pro-autonomie découvrent l’ampleur des dégâts au Centre LGBT. Les témoignages affluent. CLD a instauré dans le Centre un climat délétère : absence de démocratie, autoritarisme, pression morale sur les dissidents, turn over des salariés et départs fracassants de volontaires. Au bout du compte le Centre vivote, délaisse la prévention du sida, se complet dans un décor affreux, présente un programme culturel peau de chagrin.
Pendant ce temps, dans l’ombre, le Président de l’Inter LGBT (Thomas FL), assisté de son porte parole (Nicolas G) continuent d’œuvrer avec CLD : Ils veulent aller vite, que l’Inter s’installe au Centre, qu’une commission politique y soit introduite, que le Centre regroupe à terme tout le monde lgbt, qu’ils puissent produire de beaux communiqués de presse, devenir importants. En bons managers, ils pensent « synergie », « regroupement », « Ã©conomies d’échelle Â» et font rêver tous les gentils militants associatifs : bientôt l’union fera la force et les LGBT triompheront. Du reste pour les présidentielles leur joujou va être d’organiser un meeting dans une salle prestigieuse, comme font les grands partis politiques : en une soirée ils vont dépenser des milliers d’euros et comme ça ils espèrent passer au 20 heures de TF1 !
« Les motivations de l’engagement associatif lgbt », voilà ce qui serait un beau thème d’article people pour le magazine masculin Têtu.

- Fin février :

Et la mobilisation se mit en place. Les pro-autonomie se mirent à cogiter. Et si au lieu de faire cette fusion mégalo on faisait vraiment du Centre LGBT la maison de toutes et tous. Si on faisait en sorte que l’on y soit accueilli dans un cadre plus fun (mince on est des folles, la décoration intérieure c’est très homosexuel, non ?). Et si on reprenait en mains la prévention du sida chez les gays ? Et si le Centre devenait un grand lieu d’élaboration de la culture lgbt, un lieu où l’on irait écouter nos anciens raconter leur vie et où des jeunes universitaires viendraient présenter leurs études de genre (très à la mode le genre !).
Un site fut mis en ligne pour présenter ce projet et une réunion publique organisée dans le bar mythique Le Duplex. Objectif : se présenter à l’assemblée annuelle du Centre pour proposer ce programme et se faire élire au conseil d’administration.
Imaginez le défi et l’ambiance juste avant cette AG. Un groupe de copains copines, des militants de tous âges, des débutants et surtouts débuTANTES, entraînés dans une dynamique collective, juste pour se mettre au travail, imaginer, faire évoluer, améliorer. Tout ce monde pensait être accueilli à bras ouverts : vous en connaissez beaucoup vous aujourd’hui, en ces temps de pénurie de militants, des gens prêts à s’investir bénévolement pour la Cause ?
C’était bien mal évaluer la capacité de la Présidente du Centre à régner sur son monde.

- 3 mars 2012 :

Ce fut le grand jour : l’Assemblée Générale du Centre ! Camionnette de la police stationnée dans la rue, CRS en uniforme devant la porte, inspecteur des RG en civil dans le hall d’entrée. L’AG a été conçue comme un combat par la présidente qui nous a pris pour de vulgaires putschistes. Micro à la main, lieutenants à ses côtés, liste des électeurs soigneusement épurée, pouvoirs de vote préalablement bien distribués, statuts allègrement foulés, vote à bulletin secret refusé, CLD a donné le meilleur d’elle-même. Le combat n’était pas loyal. Les pro-autonomie n’ont même pas eu l’occasion de présenter leur projet, alors que celui de la fusion fut longuement exposé avec un power point fastidieux (je suis allergique à power point, le logiciel qui révèle votre manque de charisme !).
La grande majorité des volontaires du Centre ont voté pour CLD, y compris ceux et celles qui dans les couloirs se plaignaient des méthodes de la Présidente et de l’ambiance plombée. Mais il est vrai que pour finir de les convaincre de la suivre, elle leur a promis de quitter le Centre dans six mois… A moins justement que cette fameuse fusion se fasse, dans ce cas elle pourrait rester, à un autre poste, il parait qu’elle rêve de devenir la « porte parole ». Douée comme elle est pour le dialogue et la synthèse, cela promet !

- Mars 2012 :

Depuis l’AG l’ambiance ne s ‘améliore pas. Des rumeurs de chasse aux sorcières circulent, des courriers menaçants sont envoyés aux volontaires de l’opposition, CLD aimerait que les démissions tombent.
En revanche l’Inter LGBT prend déjà ses marques, ses responsables deviennent omni présents : ils montrent déjà à quoi ressemblera leur future méga structure fusionnelle ! Ils installent une salariée dans un bureau du Centre, et se réunissent beaucoup (si certaines associations membres ont du mal à obtenir de temps en temps une salle, ce n’est pas le cas de L’Inter !). Ils préparent avec fébrilité leur grand meeting aux Folies Bergères, sous l’œil effaré des anciens militants : comment peut-on dépenser autant d’argent en si peu de temps ? (un trésor de guerre durement acquis après une faillite retentissante en 1996) Espérons que le show sera à la hauteur des sommes engagées…

Et nos « pro-autonomie Â» ? Où en sont-ils ? Comment vont-ils réagir après leur déconfiture ? Vous le saurez bientôt en lisant les prochains épisodes de ce feuilleton !

Rejoignez le groupe facebook : "Pour un centre LGBT autonome et dynamique".
Le site internet des pro-autonomie.
Contact : centrelgbt.autonome@gmail.com

mercredi 28 mars 2012

Bal du printemps et éloge de l'accordéon

Retour de la musique vivante vendredi dernier, ambiance guinguette avec Erminio Valente à l'accordéon et Alvaro Lombard pour l'accompagner en chantant ! La magie de La Boîte à Frissons.

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J'adore voir des curieux, ou de simples gens de passage, s'arrêter devant l'enseigne du Tango et s'amuser du sous titre : La Boîte à Frissons.

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Hum, qu'est ce qu'ils s'imaginent ? On y frissonne ? Les yeux brillent, l'imagination s'enflamme. Et c'est là que Madame Hervé a le plaisir d'étaler sa culture. Non, non, ce n'est pas ce que vous croyez... Jadis, à l'époque de l'apogée du musette, dans le Paris des années 30, les accordéonistes ont surnommé leur instrument magique : leur boîte à frissons. Et c'est ainsi qu'en 1997, cherchant un nom pour ma toute nouvelle société, j'ai déposé la marque "La Boîte à Frissons" et baptisé ainsi le bal gay et lesbien que j'installais au Tango. C'est un peu culotté de privatiser du patrimoine populaire, mais c'était davantage pour m'assurer l'usage de l'expression que pour empêcher les autres de s'en servir.

Cela faisait bien longtemps que l'on n'avait pas entendu un accordéon à notre bal, pour notre début de soirée qui est unique en son genre. Or c'est aux alentours du printemps que s'ouvrent les guinguettes, et c'est pourquoi vendredi dernier Erminio Valente et Alvaro Lombard étaient là pour vous faire danser. Comme tous les autres accordéonistes venus à La Boîte à Frissons, Erminio n'a pas caché son plaisir, d'une part de venir dans ce lieu mythique qui a accueilli jadis tant et tant d'orchestres, mais aussi parce qu'il a trouvé un public tellement réceptif, et tellement interlope !

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Mais j'aurai peut être dans quelques temps de nouvelles occasions de vous parler du musette : un soir de la semaine prochaine va se réunir au Tango une bande de passionnés qui veulent créer une "académie du musette". A suivre...

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L'historique de la salle Le Tango (Ecrit par Lucien Lariche).

mercredi 22 février 2012

Génération trithérapie : sortie du livre...

Je suis une grande bavarde et une de mes qualités (autant se complimenter soi même !) est d’être à l’écoute de mes clients. Et c’est ainsi qu’un jour, au cours d’un bal des célibataires j’ai fait la connaissance des « séropotes Â» qui ont créé une association de jeunes gays séropositifs. Au fil du temps j’ai sympathisé avec eux et continué de discuter (je vous le dis, la tchatche est une vraie passion).

C’est donc l’histoire d’une belle rencontre entre une « vieille séroneg Â» et des « jeunes séropos ». Il n’y eut pas de sexe entre nous (hélas !) mais je n’en ai pas moins accouché d’un livre qui va sortir très prochainement : Génération Trithérapie, rencontre avec des jeunes gays séropositifs.

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Il y est d’abord question de visibilité : pourquoi les séropos se cachent-ils ? Pourquoi craignent-ils autant le regard et le jugement des séronégatifs ? La vieille militante que je suis leur a donc expliqué toute l’histoire de la maladie, comment aux débuts on ne pouvait pas se cacher puisque cela se voyait ! Et pourquoi ensuite certains sont carrément descendus dans la rue pour se faire entendre… Mais aujourd’hui tout le monde est rentré dans le placard : le sida, on évite d’en parler, cela plombe l’ambiance. Sauf que les gays se contaminent encore, et beaucoup trop : après avoir été les inventeurs du safe sexe, nous sommes les mauvais élèves.

Bref, le but de ce livre est d’écouter les séropos, mieux les connaître pour trouver ensemble des moyens d’agir pour que la prévention fonctionne à nouveau. Dans la conclusion du livre vous me retrouverez telle que je suis, Taulière furieuse, aimant ouvrir ma gueule : je n’aime pas le nouveau paradigme de « le traitement comme prévention Â» et l’euphorie bio-médicale ambiante m’énerve. Je préfère les bonnes vieilles méthodes et surtout le militantisme de terrain.

Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire ? Lire mon livre et retrousser vos manches pour vous remettre à bouger vos belles fesses. Avez-vous envie que l’on soit tous obligés de prendre des médocs toute notre vie pour survivre ?

Le livre est déjà en vente au Tango. Vous pouvez aussi dès à présent le commander sur le site :
www.legueuloir.com

Rencontre signature à la librairie Les Mots à la Bouche le jeudi 1er mars 2012 à 19 heures.

jeudi 5 janvier 2012

Bonjour 2012

Un regard sur l’année 2011 en guise de vœux du nouvel an. Une apologie des folles, de bons souvenirs, une pique à Têtu et un hommage aux danseurs et danseuses du début de soirée.

Il est vrai que La Boîte à Frissons a gardé un côté juvénile, puisqu’elle fonctionne en « année scolaire Â» ! Nous débutons notre saison début septembre avec les écoliers et nous l’achevons en pleines vacances d’été. Mais cela ne nous empêche pas de nous adonner aux usages traditionnels de la nouvelle année et de vous adresser tous nos vÅ“ux !

2011 une année folle !

En février nous avons organisé le Bal des Folles. Mine de rien, nous affirmions ainsi notre ras-le-bol du rejet des folles par bon nombre de gays. Historiquement ce sont toujours elles qui osent se montrer et ouvrent la voie à nos luttes. Ce sont elles qui ont de l’humour, qui savent s’habiller et mettre de la couleur dans notre monde souvent trop gris et conventionnel. Ce bal a été un succès, très bien annoncé par la série de portraits réalisée par notre DJ, Gilou. Merci à tous ceux qui ont accepté de faire partie de cette galerie de photos que vous retrouverez sur notre site ou sur facebook.

C’est à l’occasion de ce bal que j’ai donné naissance à Hervé Lafolle, un genre de Madame Hervé light. Par la suite j’ai remarqué que ce personnage plaisait moins que la dame originale. Comme quoi… Cela pourrait être un sujet de réflexion d’étude sur le genre ! Une chose est certaine, le gay se laisse plus facilement tripoter par un travelo que par une vieille folle !

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Le placard à chansons a eu du mal à s'ouvrir

Année de la follitude également avec la production du spectacle Chantons dans le Placard, qui dans son genre est aussi un hymne à la liberté et un hommage à tous les chanteurs et chanteuses qui ont osé aborder le thème de l’homosexualité à des époques où il était plus populaire d’être homophobe. Le spectacle a plu mais n’a pas trouvé l’écho que j’espérais. On s’en sort avec un beau déficit financier, fort heureusement supportable grâce au succès des soirées au Tango. Il y aurait beaucoup à dire sur la timidité des grands médias qui peinent encore à s’intéresser à un tel spectacle, qualifié à tort de « trop gay ». Mais que dire d’un magazine comme Têtu, prévenu largement en amont, qui n’a su consacrer à cette anthologie de la chanson gay et lesbienne qu’un petit tiers de page ? Ils préfèrent visiblement consacrer des colonnes entières à la culture main-stream, celle qui s’étale déjà dans tous les autres journaux hétéros, et attire sans doute plus facilement les annonceurs publicitaires.

Quelle folie aussi au dernier Bal des Travs, où nous avons inauguré un atelier de travelottage qui a attiré beaucoup de monde, y compris un journaliste célèbre qui n’en revenait pas de son audace et s’est bien amusé !

Vive les danses à deux !

Pour finir je voudrai adresser un gros bisou particulier à nos danseurs et danseuses du début de soirée, ceux qui pratiquent les fameuses danses de salon. Je salue les Gais Musette, avec qui je m’entends bien à nouveau (c’est un vrai bonheur, comme si la crise d’adolescence de ce bébé était passée, mince je deviens vraiment vieille !), je félicite le jeune Julien qui a monté un nouveau cours de danse (Laissez moi danser !), et je vous encourage tous et toutes à vous lancer sur la piste en début de soirée : danser à deux c’est tellement chouette !

L'image de nos vœux pour 2012 :

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un bal du mélange des genres, tous les publics (pas trop d'hétéros beaufs tout de même), toutes les danses (et toujours les danses à deux), toutes les musiques (sauf la techno). Mince ! Un programme qui n'a pas pris une ride depuis 1997 !

dimanche 18 décembre 2011

Pour un centre LGBT autonome

Depuis sa création en 1993 le centre gay et lesbien (devenu LGBT) est devenu un bel outil au service de toute la communauté LGBT. Pourquoi aujourd’hui vouloir lui retirer son autonomie et son indépendance ? C'est pourtant ce qui se trame dans un projet de fusion entre le centre LGBT et l'Inter LGBT.

Un projet de fusion entre le Centre LGBT Ile de France et l’Inter LGBT est actuellement discuté. Ses promoteurs pensent que dans un contexte de crise du militantisme, cela permettrait d’unir les forces LGBT et d’économiser les moyens matériels et humains. Je pense que cette fusion, impliquant un nouveau changement des statuts du Centre, serait une erreur. En revanche, ce projet nous donne peut être une occasion de redéfinir et de clarifier les rôles, missions et moyens d’action du Centre et donc aussi peut être de l’Inter LGBT.

Retour sur l’histoire du Centre

Cette histoire pourrait se lire à travers les différentes modifications des statuts de cette association créée en 1993. Chaque changement, en particulier lors des premières années, a fait l’objet d’une bataille entre d’une part certaines associations dites « politiques Â» et d’autre part les individus, appelés aujourd’hui les « volontaires Â» qui animent et gèrent concrètement le fonctionnement du centre. Les enjeux de ces discussions se résument en quelques questions fondamentales : Quel est le rôle du centre ? Qui doit le contrôler ? Comment faire en sorte qu’il reste ouvert à toutes les composantes de la communauté LGBT, et qu’il parvienne à être un lieu d’accueil vivant, dynamique et culturellement intéressant ?

Au départ, la création du centre a été voulue et portée par la volonté politique de militants, notamment de l’association Act-Up à l’époque de son heure de gloire. Puis peu à peu on s’est rendu compte que le centre était avant tout un lieu d’accueil, avec plusieurs dimensions, sociales, culturelles, de prévention du sida. La « rue Keller Â» était devenue une ruche LGBT, où s’opérait dans des locaux exigus un brassage permanent. Est apparue une contradiction, qui peut être survit encore aujourd’hui. Pour bien fonctionner, le centre a besoin d’une vraie équipe de personnes motivées et très impliquées. Mais pour perdurer et ne pas dépendre que d’individus, il a besoin d’être également suivi et utilisé par les associations, qui sont la vraie richesse de la mouvance LGBT et s’inscrivent davantage dans la durée que les personnes. Pour réaliser cet équilibre, les statuts actuels ont délibérément affirmé l’indépendance du centre par rapport aux associations justement plus « politiques », comme l’Inter LGBT, mais également SOS Homophobie, les groupes rattachés à des partis politiques, etc. Ces associations peuvent être membres du centre, avoir un droit de vote en assemblée générale, mais ne sont pas éligibles au conseil d’administration, et ceci, précisent les statuts « afin de garantir l’indépendance politique du centre LGBT », et « cela vaut pour l’association elle-même comme pour ses principaux représentants… ».

En gros l’histoire du centre a été l’acquisition de son autonomie par rapport au mouvement militant LGBT, assortie de l’affirmation de son indépendance politique : d’un côté le centre pour accueillir tout le monde, offrir des services, développer une expression culturelle ; de l’autre les associations militantes chargées de la revendication politique des LGBT.

Cette belle répartition des rôles et des tâches a connu quelques secousses. Par exemple à une époque où les dirigeants de l’Inter LGBT (alors encore Lesbian and Gay pride Paris) ne s’entendaient pas très bien avec ceux du Centre Gay et Lesbien (cela remonte très précisément à la fin des années 90 après la fameuse banqueroute de la fête de Bercy en 1996) les organisateurs de la Gay Pride ont marché sur les plates-bandes du Centre en organisant « le printemps des associations », événement qui aujourd’hui nous paraitrait relever plus directement du Centre. Quant au Centre il est parfois tenté d’apparaitre comme le porte-parole légitime de tout le mouvement LGBT : comment interpréter aujourd’hui ses nombreux communiqués de presse prenant position sur de nombreux sujets politiques sans que l’on comprenne très bien comment ils sont élaborés, et du coup ce qu’ils expriment réellement : l’opinion du conseil d’administration du centre ou une véritable position collective de l’ensemble des adhérents du centre ?

Pour un Centre LGBT autonome

Nous devons retenir les enseignements de cette histoire du mouvement LGBT. Là où il y a de « l’inter-associatif », il y a des tentations de s’en attribuer la représentativité, cela se traduit par des luttes de pouvoir et des conflits politiques. Le Centre LGBT doit s’en tenir à l’écart, il n’a pas vocation à être le porte-parole de la communauté LGBT. Son intérêt est au contraire de continuer d’être un lieu de rencontre et d’échanges au service de tous.

Nous devons à Christine Le Doaré , actuelle présidente, une certaine institutionnalisation du Centre LGBT Paris Ile de France: installé dans de nouveaux locaux, financé par les collectivités locales, correctement géré, le Centre est devenu un bel outil au service de toute la mouvance LGBT. Il serait donc dommage aujourd’hui de bouleverser cet équilibre qui a été si difficile à mettre en place.

Le Centre parvient à une nouvelle étape, il doit s’inscrire dans la durée et relever le défi du changement d’équipe annoncé (Christine Le Doaré qui a beaucoup donné pour le Centre souhaite quitter la présidence en février prochain). Ce n’est pas en procédant à un énième changement de statut, ni en fusionnant avec une association qui a toujours eu une vocation politique que nous assurerons un avenir tranquille au Centre. Il ne doit pas devenir un lieu d'affrontement idéologique et politique, au contraire il doit accueillir tout le monde, rester indépendant, et permettre le dialogue entre tous et toutes.

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