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samedi 14 janvier 2012

Crépage de Fans Britney/Rihanna

La soirée des Divas vu par la Dame Yasin

Encore une soirée spéciale comme seule La Boîte à Frissons a le secret. Une soirée Britney V/S Rihanna (et non Kylie V/S Beyoncé, comme certains ont eu tendance à croire...en voyant l’affiche). La soirée était prévue pour octobre, mois où les deux chanteuses donnaient leurs concerts à Bercy, mais malheureusement, pour cause de travaux indépendants de notre volonté, la boîte était fermée à ce moment là. Ce thème fut reporté.

Le choix était assez simple : tenue rouge pour les fans de Rihanna, jaune pour ceux Britney. Beaucoup ont joué le jeu (ce n’était quand même pas compliqué cette fois ci, mais je vous accorde que le jaune est difficilement trouvable en magasin ces jours ci). Il y avait une prépondérance de rouge dans la salle, signe que le Tango reste jeune malgré tout. Moi, qui suis de la génération précédente, étais pour Britney, mais j’avais une paire de jeans rouge et un débardeur jaune, histoire de ne froisser personne. Dj Gilou était en habit rouge, mais avait la coupe de Britney à l’époque de sa courte descente aux enfers. Quant à Madame Hervé, j’ai pas bien compris ce qui lui est passé par la tête en se maquillant, mais elle ressemblais plus à Sheila. Disons que Sheila était la Britney Spears de l’époque. Certains ont eu la chance d’apercevoir une banane, assez sexy d’ailleurs, se tortiller sur les rythmes des deux Divas. Coté originalité, on a rarement vu mieux !

banane

Cette soirée était particulière, car elle a ramené pleins de petits nouveaux. La clientèle sympa d’habitués avait laissé place à une clientèle plus jeune. Pour beaucoup, c’était leur première fois dans ce lieu mythique. Certains étaient amusés, d’autres contents, ou encore, ceux qui sont venus avant minuit et demi étaient ébahis et surpris qu’un tel lieu existe. En voyant certains, je me revoyais des années auparavant, lorsque j’avais pénétré la salle pour la première fois lors d’une soirée Madonna. C’était un mardi, et j’avais assisté au “Confessions Tour” la veille et je devais y retourner le lendemain. Cinq and après, j’y suis toujours. Comme moi, les petits nouveaux se sont très vite fait à l’ambiance. DJ Gilou, comme à l’accoutumée, nous avait gratifiés d’une playlist de plus de trois heures de Britney et Rihanna. Mais pas que, la musique était mélangée : on a aussi eu droit à notre dose habituelle de Katy Perry, Adele, Kylie et Madonna.

Le spectacle ? Sexy et drôle, pour ne pas changer, devant un public hystérique. Nick et Hugues sur un medley de Rihanna. Rockwell sur Britney. Mystica a fait son comeback sur la scène avec une ré écriture de ‘Baby One More time’ qui a fait rire tout le monde. Et les Glam Boys. Pas de commentaires, juste des évanouissements dans la salle devant tant de phéromones à l’état brut.

spectacle

GlamB

Et ceux qui étaient présents ont pu assister en live à la vidéo pilote du tout nouveau Boîte à Frissons Production. Pour les autres, ce sera sur le net dans le courant de ce week end. Le nom de la directrice et des comédiennes vous seront dévoilés ultérieurement, lorsque vous serez plus réceptifs aux heures de travail passées pour vous monter cette sublime vidéo, réalisée sans scénario mais sous l’égide d’une directrice hors pair.

Et je termine mon compte rendu de cette soirée, qui fut assez calme et très joyeuse, en précisant que le Tango n’est pas un salon de thé, et que si vous désirez vous engager dans des discussions scientifiques interminables, un endroit sans musique (comme le Tea and Caddy) siérait mieux… 

jeudi 5 janvier 2012

Bonjour 2012

Un regard sur l’année 2011 en guise de vœux du nouvel an. Une apologie des folles, de bons souvenirs, une pique à Têtu et un hommage aux danseurs et danseuses du début de soirée.

Il est vrai que La Boîte à Frissons a gardé un côté juvénile, puisqu’elle fonctionne en « année scolaire » ! Nous débutons notre saison début septembre avec les écoliers et nous l’achevons en pleines vacances d’été. Mais cela ne nous empêche pas de nous adonner aux usages traditionnels de la nouvelle année et de vous adresser tous nos vœux !

2011 une année folle !

En février nous avons organisé le Bal des Folles. Mine de rien, nous affirmions ainsi notre ras-le-bol du rejet des folles par bon nombre de gays. Historiquement ce sont toujours elles qui osent se montrer et ouvrent la voie à nos luttes. Ce sont elles qui ont de l’humour, qui savent s’habiller et mettre de la couleur dans notre monde souvent trop gris et conventionnel. Ce bal a été un succès, très bien annoncé par la série de portraits réalisée par notre DJ, Gilou. Merci à tous ceux qui ont accepté de faire partie de cette galerie de photos que vous retrouverez sur notre site ou sur facebook.

C’est à l’occasion de ce bal que j’ai donné naissance à Hervé Lafolle, un genre de Madame Hervé light. Par la suite j’ai remarqué que ce personnage plaisait moins que la dame originale. Comme quoi… Cela pourrait être un sujet de réflexion d’étude sur le genre ! Une chose est certaine, le gay se laisse plus facilement tripoter par un travelo que par une vieille folle !

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Le placard à chansons a eu du mal à s'ouvrir

Année de la follitude également avec la production du spectacle Chantons dans le Placard, qui dans son genre est aussi un hymne à la liberté et un hommage à tous les chanteurs et chanteuses qui ont osé aborder le thème de l’homosexualité à des époques où il était plus populaire d’être homophobe. Le spectacle a plu mais n’a pas trouvé l’écho que j’espérais. On s’en sort avec un beau déficit financier, fort heureusement supportable grâce au succès des soirées au Tango. Il y aurait beaucoup à dire sur la timidité des grands médias qui peinent encore à s’intéresser à un tel spectacle, qualifié à tort de « trop gay ». Mais que dire d’un magazine comme Têtu, prévenu largement en amont, qui n’a su consacrer à cette anthologie de la chanson gay et lesbienne qu’un petit tiers de page ? Ils préfèrent visiblement consacrer des colonnes entières à la culture main-stream, celle qui s’étale déjà dans tous les autres journaux hétéros, et attire sans doute plus facilement les annonceurs publicitaires.

Quelle folie aussi au dernier Bal des Travs, où nous avons inauguré un atelier de travelottage qui a attiré beaucoup de monde, y compris un journaliste célèbre qui n’en revenait pas de son audace et s’est bien amusé !

Vive les danses à deux !

Pour finir je voudrai adresser un gros bisou particulier à nos danseurs et danseuses du début de soirée, ceux qui pratiquent les fameuses danses de salon. Je salue les Gais Musette, avec qui je m’entends bien à nouveau (c’est un vrai bonheur, comme si la crise d’adolescence de ce bébé était passée, mince je deviens vraiment vieille !), je félicite le jeune Julien qui a monté un nouveau cours de danse (Laissez moi danser !), et je vous encourage tous et toutes à vous lancer sur la piste en début de soirée : danser à deux c’est tellement chouette !

L'image de nos vœux pour 2012 :

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un bal du mélange des genres, tous les publics (pas trop d'hétéros beaufs tout de même), toutes les danses (et toujours les danses à deux), toutes les musiques (sauf la techno). Mince ! Un programme qui n'a pas pris une ride depuis 1997 !

dimanche 18 décembre 2011

Pour un centre LGBT autonome

Depuis sa création en 1993 le centre gay et lesbien (devenu LGBT) est devenu un bel outil au service de toute la communauté LGBT. Pourquoi aujourd’hui vouloir lui retirer son autonomie et son indépendance ? C'est pourtant ce qui se trame dans un projet de fusion entre le centre LGBT et l'Inter LGBT.

Un projet de fusion entre le Centre LGBT Ile de France et l’Inter LGBT est actuellement discuté. Ses promoteurs pensent que dans un contexte de crise du militantisme, cela permettrait d’unir les forces LGBT et d’économiser les moyens matériels et humains. Je pense que cette fusion, impliquant un nouveau changement des statuts du Centre, serait une erreur. En revanche, ce projet nous donne peut être une occasion de redéfinir et de clarifier les rôles, missions et moyens d’action du Centre et donc aussi peut être de l’Inter LGBT.

Retour sur l’histoire du Centre

Cette histoire pourrait se lire à travers les différentes modifications des statuts de cette association créée en 1993. Chaque changement, en particulier lors des premières années, a fait l’objet d’une bataille entre d’une part certaines associations dites « politiques » et d’autre part les individus, appelés aujourd’hui les « volontaires » qui animent et gèrent concrètement le fonctionnement du centre. Les enjeux de ces discussions se résument en quelques questions fondamentales : Quel est le rôle du centre ? Qui doit le contrôler ? Comment faire en sorte qu’il reste ouvert à toutes les composantes de la communauté LGBT, et qu’il parvienne à être un lieu d’accueil vivant, dynamique et culturellement intéressant ?

Au départ, la création du centre a été voulue et portée par la volonté politique de militants, notamment de l’association Act-Up à l’époque de son heure de gloire. Puis peu à peu on s’est rendu compte que le centre était avant tout un lieu d’accueil, avec plusieurs dimensions, sociales, culturelles, de prévention du sida. La « rue Keller » était devenue une ruche LGBT, où s’opérait dans des locaux exigus un brassage permanent. Est apparue une contradiction, qui peut être survit encore aujourd’hui. Pour bien fonctionner, le centre a besoin d’une vraie équipe de personnes motivées et très impliquées. Mais pour perdurer et ne pas dépendre que d’individus, il a besoin d’être également suivi et utilisé par les associations, qui sont la vraie richesse de la mouvance LGBT et s’inscrivent davantage dans la durée que les personnes. Pour réaliser cet équilibre, les statuts actuels ont délibérément affirmé l’indépendance du centre par rapport aux associations justement plus « politiques », comme l’Inter LGBT, mais également SOS Homophobie, les groupes rattachés à des partis politiques, etc. Ces associations peuvent être membres du centre, avoir un droit de vote en assemblée générale, mais ne sont pas éligibles au conseil d’administration, et ceci, précisent les statuts « afin de garantir l’indépendance politique du centre LGBT », et « cela vaut pour l’association elle-même comme pour ses principaux représentants… ».

En gros l’histoire du centre a été l’acquisition de son autonomie par rapport au mouvement militant LGBT, assortie de l’affirmation de son indépendance politique : d’un côté le centre pour accueillir tout le monde, offrir des services, développer une expression culturelle ; de l’autre les associations militantes chargées de la revendication politique des LGBT.

Cette belle répartition des rôles et des tâches a connu quelques secousses. Par exemple à une époque où les dirigeants de l’Inter LGBT (alors encore Lesbian and Gay pride Paris) ne s’entendaient pas très bien avec ceux du Centre Gay et Lesbien (cela remonte très précisément à la fin des années 90 après la fameuse banqueroute de la fête de Bercy en 1996) les organisateurs de la Gay Pride ont marché sur les plates-bandes du Centre en organisant « le printemps des associations », événement qui aujourd’hui nous paraitrait relever plus directement du Centre. Quant au Centre il est parfois tenté d’apparaitre comme le porte-parole légitime de tout le mouvement LGBT : comment interpréter aujourd’hui ses nombreux communiqués de presse prenant position sur de nombreux sujets politiques sans que l’on comprenne très bien comment ils sont élaborés, et du coup ce qu’ils expriment réellement : l’opinion du conseil d’administration du centre ou une véritable position collective de l’ensemble des adhérents du centre ?

Pour un Centre LGBT autonome

Nous devons retenir les enseignements de cette histoire du mouvement LGBT. Là où il y a de « l’inter-associatif », il y a des tentations de s’en attribuer la représentativité, cela se traduit par des luttes de pouvoir et des conflits politiques. Le Centre LGBT doit s’en tenir à l’écart, il n’a pas vocation à être le porte-parole de la communauté LGBT. Son intérêt est au contraire de continuer d’être un lieu de rencontre et d’échanges au service de tous.

Nous devons à Christine Le Doaré , actuelle présidente, une certaine institutionnalisation du Centre LGBT Paris Ile de France: installé dans de nouveaux locaux, financé par les collectivités locales, correctement géré, le Centre est devenu un bel outil au service de toute la mouvance LGBT. Il serait donc dommage aujourd’hui de bouleverser cet équilibre qui a été si difficile à mettre en place.

Le Centre parvient à une nouvelle étape, il doit s’inscrire dans la durée et relever le défi du changement d’équipe annoncé (Christine Le Doaré qui a beaucoup donné pour le Centre souhaite quitter la présidence en février prochain). Ce n’est pas en procédant à un énième changement de statut, ni en fusionnant avec une association qui a toujours eu une vocation politique que nous assurerons un avenir tranquille au Centre. Il ne doit pas devenir un lieu d'affrontement idéologique et politique, au contraire il doit accueillir tout le monde, rester indépendant, et permettre le dialogue entre tous et toutes.

samedi 10 décembre 2011

Paris en manque de Princesses

Quelle soirée ! Une soirée attendue tant par l’équipe de la Boîte à Frissons que par certains habitués téméraires. La soirée Frissons Animés avec “Princes et Princesses” en sous-titre, de quoi mettre en émoi la communauté homosexuelle, me direz vous. Le Marais grouille de pseudo princesses qu’on s'attendait à voir ce soir.

Malheureusement, faut croire qu’elles avaient toutes trouvé Princes à leur pied, car il n’y en avait pas beaucoup. Après le succès du dernier Bal des Travs en octobre, je me suis dit que c’est reparti, les gays ont retrouvé le goût de la fête et du déguisement. Que nenni !

Madame Hervé, comme à l’accoutumée était à la hauteur d’elle même, habillée en Reine Elizabeth plus vraie que nature (et oui, elle est au dessus de toutes ces princesses qui aspirent à être elle un jour). Méziane et Gilles étaient deux types de rois, l’un couronné comme Richard Coeur de Lion dans «Lion en Hiver» et l’autre comme le roi Jean de Robin des Bois de Disney. On a aussi aperçu le Petit Chaperon Rouge qui cherchait désespérément le grand méchant loup au milieu du Bois en distribuant des sucettes.

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C'étaient les seuls qui ses pont prêtés au jeu. Mais que font les autres ? Se déguiser en un personnage de dessin animé n’est pas si compliqué, voyons ! Mais bon, il me semble avoir aussi aperçu quelques Cendrillons avant que leurs marraines ne passent, mais je ne crois pas qu’elles avaient fait exprès... Et dire que Dj Gilou avait encore une fois fait une prouesse qui restera dans l’histoire, à savoir, tenir une piste avec de la pop entrecoupée de génériques de dessins animés et autres musiques de notre enfance (La Mystérieuse cité d’or, Lady Oscar, Allô Monsieur l’ordinateur, Cat’s Eyes, Ce rêve bleu). Mais il ne s’est pas arrêté là : il nous a aussi gratifié de quelques génériques de séries de notre adolescence : L’amour du risque, F.R.I.E.D.S, Dallas ET Dynastie. Il s’est même occupé d’orner la salle de posters que j’ai toujours dans ma chambre !

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Pour cette soirée où les princes et princesses étaient moins nombreux que les paysans et roturiers, le spectacle était digne de la cour d’Aliénor d’Aquitaine. Mlle. Gisèle nous a fait le numéro "Sous L’Océan", qui est maintenant un classique du Tango (trois fois par an au moins). Je précise ici que ce numéro me tient particulièrement à cœur, car lors de ma découverte du Tango, il y a plusieurs années de cela, elle avait interprété cette même chanson. Les habitués connaissent les paroles par cœur, c’est vous dire ! Puis il y avait Miss Glam Rockwell qui a fait, pour la deuxième fois la chanson Vanity entrecoupée de dialogues de la belle môman de Blanche Neige, une réussite. Et le spectacle a fini avec les Glam's Boys, qui ont rendu un hommage hyper sexe à Prince. Ceux qui l’ont raté ne peuvent savoir ce que c’est la sensualité à l'état brut.

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Bref, ce fût une soirée superbe pour celles et ceux qui avaient joué le jeu. Quant aux autres, j’espère qu’ils auront la chance d’apprécier une telle soirée - unique en son genre - une fois dans leur vie !

mardi 29 novembre 2011

30 ans de sida

Le 1er décembre nous fêtons la Saint-Sida. Cette année c’est le 30ème anniversaire. Par le plus grand des hasards (j’ai eu l’information sur le site yagg.com), je me suis inscrit à un événement intitulé « 30 ans de sida déjà, et maintenant ? », qui a eu lieu ce lundi 28 novembre au Café de la Danse à Bastille.

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Le caractère ambigu de cette réunion, qui voulait mêler des débats sérieux et des moments plus détendus (danse hip hop, film, musique rom et petits fours), façon mi colloque, mi raout, est sans doute révélateur du désarroi actuel de la lutte contre le sida. J’en suis ressorti assez mal à l’aise. Sur plusieurs points je me suis demandé si on ne se moquait pas un peu de nous.

La politique pour commencer.
Que le maire socialiste du 11ème arrondissement nous accueille, soit. Mais qu’ensuite les deux seuls hommes politiques à qui l’on donne la parole soient à nouveau des socialistes, je trouve cela un peu fort. Pas un représentant de l’UMP, ni du Centre, ni des Verts, ni d’ailleurs ? Ou bien on n’invite pas les politiques, parce qu’on juge qu’ils n’ont rien à dire sur la question (ce qui entre nous a été un peu le cas des intervenants socialistes), soit on respecte un minimum le pluralisme. Car entre nous, puisque l’on avait invité les médecins et militants associatifs historiques on aurait pu inviter Madame Barzach, ministre RPR de Jacques Chirac en 1986, et pionnière de la lutte contre le sida. Si les organisateurs de ce colloque croient aux lendemains qui chantent avec François Hollande, c’est leur droit, mais dans ce cas qu’ils ajoutent clairement le logo du PS sur l’affiche !

Le nouveau discours médical
Que se passe-t-il dans le monde de la lutte contre le sida ? Figurez-vous que l’on a retrouvé l’optimisme ! Pas seulement parce qu’avec François Hollande tout va changer (je plaisante !), mais parce que l’on a trouvé le nouvel outil magique de lutte contre le VIH : le traitement comme prévention bien sûr ! C’est cela le discours médical qui a le mérite d’être simple, technique, scientifique, sérieux. Ils n’ont plus que ce truc là à la bouche. Certes on précise, la prévention doit être diversifiée (sous-entendu, ben oui y’a encore ces trucs en latex que plus personne ne veut mettre), mais toute la communication se centre sur le duo tests-traitements, nec plus ultra du moment. Le summum de la soirée, fut donc l’exposé d’une femme médecin, intitulé « Guérir le sida ? », illustré par un diaporama power-point surréaliste : des courbes, des points, des mots anglais, les diapositives allaient et venaient dans le mauvais sens, on n’y comprenait rien, sauf qu’elle était contente et confiante, l’éradication est en vue !

Retour aux réalités et gueule de bois
Juste après, un autre Monsieur est venu parler. Lui n’avait pas besoin de power-point. En quelques phrases il a plombé l’ambiance : l’avenir du monde ne se construit pas uniquement dans les éprouvettes de nos savants. Il y a l’économie, le social, les droits de l’homme, les discriminations. Pour faire écho à ce rappel de la complexité de la vie en société, une juriste a montré comment on ne pourra jamais soigner les étrangers si on ne leur donne pas des droits, et un militant d’Act-Up ancien taulard a raconté qu’en prison mieux valait ne pas être séropositif ou malade !

Mais il était l’heure de passer à la suite de la soirée, le cocktail dinatoire. Et je suis parti…

Plus d'infos sur l'événement.

lundi 28 novembre 2011

Mademoiselle Gisèle super star

Vendredi dernier, Mademoiselle Gisèle fêtait en toute discrétion ses 20 ans de vie parisienne (donc ses 25 ans de vie... hum, hum...). Voici donc une occasion de lui rendre hommage.

Mademoiselle Gisèle est née en février 2000, en même temps que Madame Hervé. C'était le premier bal des célibataires. Sur la photo on la voit telle qu'elle était, en secrétaire dévouée de La Taulière, habillée d'un sobre tailleur à pois blanc, accrochée à DJ Frédérik, qui lui se prenait pour un mac.

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Après toutes ces années Gisèle est toujours là, certes sa garde robe a évolué, mais elle est restée fidèle et ses apparitions sur la scène de la Folle Académie sont toujours savamment préparées, et réussies ! Ci dessous : pour son show spécial, elle est devenue super Gisèle !

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Vendredi elle a réussit à faire revenir Pauline Diamant pour interpréter ensemble le grand classique des sœurs jumelles.

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Gisèle s'est fait de nouvelles copines, ici, entourée de Mélissa Tango et Tara Jackson.

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De l'avis général cette soirée Gisèle super star était excellente. L'absence de Madame Hervé, retenue en province par des obligations hautement intellectuelles, n'a même pas été remarquée, c'est tout dire !

samedi 12 novembre 2011

Les images commentées par DJ Gilou

Notre DJ prend aussi des photos souvenirs, et se permet en prime de les commenter... Hier soir c'était le bal des célibataires.

Madame Hervé à du cœur, elle enseigne gracieusement les danses à deux, pile à minuit et cœur !

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Madame Hervé à ses chouchous...

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Et pour certain l'âge d'or et bien révolu !!!!!!

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mercredi 26 octobre 2011

Talents aiguilles sur Pink TV

L'émission de Nicolas Maille est consacrée à Chantons dans le placard.

mercredi 19 octobre 2011

Quelques vidéos sur le placard !

Un choix de quelques vidéos sur Chantons dans le Placard mises en ligne.

Interview de Michel Heim (visio-scène)

La sortie de la première filmée par Narcisse Davim :

samedi 1 octobre 2011

Parade sur les trottoirs du Marais

On ne chôme pas pendant les travaux. Hier soir, Madame Hervé a entrainé ses kikis dans les rues pour promouvoir le spectacle Chantons dans le placard. Photos et légendes de DJ Gilou.

Comment expliquer aux gays du Marais que malgré la météo estivale il est aussi possible de se cultiver en allant s'amuser au théâtre. Grande croisade hier soir...

Veillé funèbre, tous au chevet de La Boîte à Frissons, qui malgré ses 14 ans est déjà incontinente !

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Tournée des grands ducs (petites duchesses en l'occurrence) pour la promotion de la pièce "Chantons dans le placard". Sans surprise, les bears ont la palme de la convivialité.

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Certains n'hésitent pas à mouiller amicalement le maillot pour donner un coup de main GRACIEUSEMENT pour la promotion du placard. Les autres se reconnaîtront au jugement dernier !

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Madame Hervé n'hésite pas à faire le trottoir pour assurer la paye de ses employés. Espérons qu'ils apprécient !

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mercredi 14 septembre 2011

Petits arrangements avec son traitement

Contribution au débat sur la dérive bio-médicale de la prévention du sida et illustration de l’état de l’indépendance de la presse gay.

Dans ses deux derniers numéros (168 et 169) le journal Têtu publie un étonnant « publi-reportage », avec le soutien des laboratoires Bristol-Myers Squibb*, intitulé « Mon traitement et moi ». Il est suivi quelques pages plus loin d’une publicité du même groupe pharmaceutique.

Préparant actuellement un livre sur les jeunes gays séropositifs, j’ai moi-même réalisé un texte accompagné d’un reportage photo sur le même thème. Je comptais justement proposer à Têtu de le publier ! En commanditant ces publi-reportages, les fabricants de médicaments m’ont devancé.

Au jeu de la comparaison, il est clair que mon approche du sujet n’est pas conforme à l’air du temps. J’ai d’abord été frappé de voir que trois des quatre photographies publiées dans Têtu ont la même esthétique que celles réalisées par mon ami photographe Amaury Grisel. Mieux, elles mettent en scène des objets similaires : un pilulier, un smartphone et un jus d’orange pressée. Mais en observant d’un peu plus près les images, je me suis rendu compte que le parti-pris est très différent. Dans Têtu, nul comprimé à l’horizon, nulle représentation concrète de ce fameux traitement dont il est question. Alors qu’au contraire, les photos réalisées pour illustrer les entretiens que j’avais effectués avec des jeunes gays séropositifs plaçaient au centre de l’espace les comprimés, gros et colorés. Mon objectif était de traduire en douceur la réalité d’un traitement, à savoir l’obsession des médocs, que l’on ne doit surtout pas oublier de prendre, et que l’on doit parfois cacher pour ne pas se faire identifier comme séropositif.

Photos d'un pilulier : avec ses comprimés (Photo Amaury Grisel)... ou sans (version Têtu-Laboratoire pharmaceutique)
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L’intention des laboratoires est effectivement toute autre, elle est exposée dans le chapeau de l’article : « A l’heure où les trithérapies sont plus efficaces que jamais, la prise d’un traitement soulève encore des inquiétudes légitimes. Quatre garçons infectés par le VIH livrent leurs conseils pour tirer le meilleur parti du progrès ». Suit un long texte, non signé, qui présente des témoignages de séropositifs. Il est rédigé dans un style journalistique, qui se veut donc objectif. Mais le ton est optimiste, il s’agit de positiver les traitements. Par exemple, un certain Thomas de 25 ans raconte : « Je m’attendais à des schémas compliqués puisqu’en lisant les magazines associatifs, je ne comprenais rien », mais heureusement pour lui l’infectiologue lui a bien expliqué, la diététicienne lui a appris à bien manger, « il peut compter sur l’équipe médicale » et hop le voilà requinqué ! Miguel, 29 ans, clubber habitué d’Ibiza « avait peur d’avoir affaire à une grosse dame sévère. Raté, il est tombé sur un jeune infirmier connaissant la techno, les raves et le bon son » : s’agit-il du début du scénario d'un film porno ? Les molécules sont si efficaces que tout cela est formidable. Eric, 36 ans, s’est converti : « je suis resté longtemps anti-médicaments », mais sa mère, baba cool fan de bio l’a convaincu d’en prendre, puisqu’elle-même suivait un traitement contre ses bouffées de chaleur ! A présent, pour Eric c’est presque cool, « le fait de pouvoir bénéficier d’un traitement en une seule prise l’a aidé à dédramatiser ». Justement, chaque nouveau témoignage tombe à pic pour dédramatiser. Stéphane, 52 ans, explique comment il a pu se plier à une discipline pour ne pas oublier son traitement « Une bouteille d’eau et un verre au pied du lit et l’affaire est jouée » ! Les effets secondaires ? « L’affaire de trois ou quatre mois ». Prenez ce que l’on dit de Hakim, 29 ans : « Il a parfois des maux de tête, mais il en avait avant. Son ventre lui parait plus sensible ». Comme c’est bien dit ! Et ainsi de suite… Vous l’avez compris, merci les laboratoires, être séropo sous traitement n’est vraiment plus un souci.

Avec le jus d'orange : les comprimés et les boîtes de médicaments dissimulées dans une boîte discrète (Photo Amaury Grisel), ou un jus pressé sans aucun comprimé en vue (Photo Têtu).
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Face à ce tableau idyllique dressé par un gros groupe pharmaceutique, je comprends que les témoignages que j’ai recueillis fassent mauvais effet. Ils débouchent sur une toute autre vision. Les séropos sont condamnés aux petits arrangements avec leurs traitements. Même grandement améliorées au fil des ans, les trithérapies constituent toujours une sacrée contrainte. Et les fameux effets secondaires ne sont pas que physiques mais également psychologiques. Un traitement anti-VIH est forcément lourd, car omniprésent. On peut s’en accommoder, mais franchement, on ne peut le souhaiter à personne, surtout pas à tous les jeunes gays séronégatifs qui aujourd’hui semblent se relâcher et abandonnent la capote.

Mine de rien, en publiant ce publi-reportage, Têtu illustre parfaitement la tendance actuelle : face au déclin regretté de la capote on baisse les bras, on s’en remet aux laboratoires et on se cantonne à une approche bio-médicale de la prévention. Ce n’est plus le plastique qui est fantastique, mais le progrès qui est formidable. Personne n’est respecté dans cette histoire et on ment à tout le monde. Qu’espère-t-on en nous faisant passer une trithérapie pour une simple formalité ? L’intention affirmée est d’encourager les gays séropos à se soigner, et donc à devenir moins contaminant. Mais a-t-on bien évalué le revers de cette communication ? Les jeunes gays interprètent ces messages tout autrement : le sida, qui se soigne si simplement ne leur fait plus peur, il devient anodin d’abandonner la capote.

En proposant à Têtu de publier mon reportage, qui préfigure un livre que je suis en train d’écrire, je pensais justement proposer une ouverture vers un autre type de prévention, plus équilibré. Il s'agit de donner la parole aux jeunes séropositifs, pas de fabriquer des pseudos témoignages orientés. On a tout à gagner à montrer la réalité du vécu du sida, sans dramatiser, mais sans déni. Actuellement les jeunes séropositifs se planquent pour se protéger de la stigmatisation. Résultat, le sida est invisible, les laboratoires pharmaceutiques en profitent pour bidouiller des images aseptisées et nous vendre un avenir radieux médicalement assisté.

Capote chérie, ils sont devenus fous !

Être jeune et séropo, c'est quoi ? Trimballer en permanence dans son sac auprès de son smartphone une petite boîte discrète (photo Amaury Grisel) ou être branché et prendre des notes sur son smartphone (Photo têtu)
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NB : L'ensemble de mon texte et des photos prises par Amaury Grisel sera publié intégralement d'ici quelques jours sur le site des éditions Le Gueuloir.

  • Bristol-Myers Squibb (BMS) est une entreprise pharmaceutique américaine, dixième groupe pharmaceutique mondial.


mercredi 7 septembre 2011

Chantons dans le placard : exposition au centre LGBT de Paris

Évocation en images du spectacle Chantons dans le placard, au centre LGBT de Paris du 9 septembre au 5 octobre 2011. L'occasion de rappeler comment depuis 15 ans nous œuvrons pour faire sortir du placard tout un pan de notre culture LGBT

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Un placard qui a de la suite dans les idées !

La sortie du placard de la subculture musicale gay et lesbienne remonte au milieu des années 90. Souvenez-vous de cette période durant laquelle la musique techno devenait l’étendard de toute la vie gay. Même Dalida devait être remixée pour satisfaire les goûts du moment ! Il fallait réagir et refuser ce diktat culturel.

C’est pourquoi en 1997 l'association Les Gais Musette dont j'étais le président fondateur entreprit une reconquête de la mémoire, sous la forme de la publication d’un CD, réalisé par le journaliste collectionneur Martin Pénet, lui-même assisté par un technicien restaurateur de génie Lionel Risler. Ces chansons interlopes, récupérées sur de vieux disques 78 tours, ont de quoi nous surprendre parce qu’elles sont apparues à une époque où les homosexuels se planquaient, et risquaient souvent bien des ennuis lorsqu’ils étaient victimes de que l’on n’appelait pas encore l’homophobie. Du coup les chansons maniaient l’allusion, les jeux de mots et l'humour. Cet assortiment permettait de transgresser dans la bonne humeur. La figure de la folle est toujours la plus appropriée pour ouvrir le chemin de la tolérance, n’en déplaise aux nouveaux normalisateurs de la gaytitude respectable.

Une fois ce patrimoine redécouvert, l’idée vint de le mettre en spectacle. Michel Heim, auteur notamment des comédies des Caramels fous, se mit à la tâche et Chantons dans le placard fut créé à Paris au Tango en 2006. Ce fut l’occasion pour Martin Pénet, soutenu par La Boîte à Frissons, de sortir une nouvelle compilation de chansons interlopes « revue et augmentée ». Et c’est ainsi que naquit notre manie de collectionner toutes les chansons qui évoquait l’homosexualité, de près ou de loin (et parfois de très loin !).

Le double CD Chansons interlopes (encore disponible à la vente)
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En 2009, juste pour le plaisir, et cette fois avec la complicité d’un autre grand collectionneur (dingue comme on les aime !), Matthieu Moulin, des disques Marianne Mélodie, nous avons sorti la compilation du Bal de la Boîte à Frissons : nos plus folles chansons.

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Nous avons certes ressorti du placard des documents (comme un extrait du spectacle des pédalos de 1979), mais nous nous sommes aussi approprié tout un univers pas intentionnellement gay mais pour nous totalement « homo-sensible » ! La subculture c’est aussi cela : être capable de se faire une place dans un monde qui s’évertue à nous ignorer. Puisque l’on ne parle pas de nous, nous nous débrouillerons seuls, en récupérant à notre façon les plus beaux refrains : la réinterprétation des paroles ou le détournement de leur sens et même l’art du transformisme sont autant d’occasions de chanter dans le placard.

Enrichi de toutes ces découvertes, Chantons dans le placard, nouvelle version 2011, a cette fois l’ambition de faire partager toute cette culture à un plus large public. Tous les ingrédients sont réunis pour y parvenir : riche contenu, intrigue, humour, émotion. Cette exposition au centre LGBT se veut une entrée en matière, à travers quelques-unes des plus grandes figures de la chanson, nos icônes pourrions-nous dire !

Photo montage Charles Trenet de Narcisse Davim pour l'exposition
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Exposition au Centre LGBT de Paris du 9 septembre au 5 octobre 2011.
Vernissage vendredi 9 septembre à 19 h 30.

Le spectacle Chantons dans le placard sera joué du 22 septembre au 31 décembre 2011 au Petit Théâtre des Variétés.

dimanche 28 août 2011

Le Tango est resté ouvert tout l’été. Que s’y est-il passé ?

Tandis que l'été s'achève, voici les états d'âme d'une Taulière qui n'est pas partie en vacances.

DJ Gilou est resté aux platines, il ne part jamais, La Taulière est obligée de le mettre de force en vacances de temps en temps. Yasin est retourné dans son île tropicale, il est rentré à contre cœur et depuis il nous menace de nous quitter définitivement, c’est tellement plus fun à l’autre bout du monde. Jérôme le kiki modérateur de fumeurs, et Virginie (le passage douloureux à la caisse) prendront leur quartier d’été en septembre. La méchante Méziane, traditionnelle, a rejoint en août sa résidence secondaire pour trois longues semaines durant lesquelles la pauvre Taulière a du se taper tout le boulot ingrat : faire régner l’ordre sur la piste de danse et veiller à ce que le petit personnel ne se dissipe pas. Vous le voyez, cette année encore, nous avons assuré la continuité du service.

Ah oui la nouveauté ! Il se nomme Eloy (prononcer Eloï) et il sera de temps en temps devant la porte pour vous accueillir. Normalisation de la Boîte à Frissons qui s’offre un physionomiste ? Dans les faits, notamment le samedi, j’étais déjà souvent devant la porte pour gérer les foules, et je ne peux pas tout faire ! De plus ce garçon est plus doué que moi et surtout plus aimable, parait-il (merci pour moi !). Yasin vous explique en détails le pourquoi des précautions que nous prenons à la porte à du Tango (voir son billet sur ce blog). Dans la pratique, le théorique « Être ouvert à tous » s’avère finalement impossible à gérer.

Le plaisir de l’été c’est de voir passer de vieilles connaissances, ces amoureux de La Boîte à Frissons qui viennent moins souvent et profitent de la période estivale pour ressortir un peu la nuit. Parfois cela surprend, car le temps passe… Mince, en vieillissant les mecs ont vraiment un problème avec le bide… Alors on se raconte, et c’est très agréable. Je remets à l’heure mes pendules, et pour moi qui ai une mémoire de poisson rouge il n’est pas simple de m’y retrouver avec tous leurs amants qui passent. Au moins je me rassure, la normalisation homosexuelle n’est pas si aboutie que cela. La dernière tendance réjouissante : ces vieux couples qui ont résisté au fil des ans et s’adonnent au trio amoureux.

Mais toutes ces confidences glissées dans un petit coin de salle, véritable ravissement, ne concernent pas toujours nos histoires d’amour. La nuit est propice à toutes les folies de l’esprit : rêves, bonnes résolutions, envies dingues, échafaudages d’avenirs radieux… Toutes ces belles paroles seront-elles oubliées au petit matin ? Peu importe, la nuit le temps se suspend, c’est la magie de La Boîte à Frissons.

mardi 23 août 2011

En attendant la rentrée

Votre taulière se mélange l'esprit, anticipe les anniversaires mais prépare tout de même sa rentrée.

Cette semaine c’est une pré-rentrée. Les rues s’animent, les coups de fil repartent, la carnet de rendez-vous se remplit, même Méziane annonce son retour le week end prochain. Et je me rends compte que j’ai abandonné mon blog depuis plusieurs semaines. Il faut dire que j’ai eu un traumatisme qui m’a coupé l’inspiration !

Imaginez que depuis un an je m’étais mis en tête l’idée qu’en septembre 2011 nous allions fêter notre quinzième anniversaire. Ben oui normal, puisqu’il y a deux ans nous avions fêté le 13ème et l’an dernier le 14ème…

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Sauf que l’autre jour, Gilou, le DJ surdoué, m’a fait une leçon de calcul et m’a envoyé le calendrier officiel. J’avais confondu le nombre de saisons et le poids des ans. Nous allons donc effectivement achever notre quatorzième saison et atteindre l’âge de 14 ans (pas encore la majorité sexuelle !), et donc entamer la quinzième saison du Bal de la Boîte à Frissons au Tango (vous me suivez ?).

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Ce mélange des chiffres m’a perturbé et j’ai abandonné la rédaction du feuilleton d’été annoncé précédemment… J’ai encore toute une année pour rédiger les mémoires de notre quinzaine. De même, du coup les festivités seront réduites au minimum syndical. D’abord j’ai horreur des anniversaires, et nous promettons de faire mieux l’année prochaine, pour les vrais 15 ans !

Le vendredi 2 septembre, Madame Hervé sera de retour, non liftée, naturelle, pour entamer la 15ème saison, et ce seront les Chansons du Placard qui seront les vedettes du premier show de l’année.

lundi 22 août 2011

Les dessous d'un filtrage.

Beaucoup se demandent pourquoi il y a un physio à l'entrée du Tango. La réponse par celui qui en voit les bienfaits, l'apprentie méchante, Yasin.

Le Tango est The place to be cet été. En temps normal, le lieu est rempli. Vous vous imaginez donc qu’en été, avec les touristes, la clientèle double. D’où la présence du beau monsieur tatoué à l’entrée. Je vous explique : ce lieu est une des seules boîtes à Paris où les flics ne sont jamais descendus, où il n’y a jamais de bagarres et où l’équipe est sympa et adorable. Si l’entrée n’est pas triée, la boîte se retrouvera envahie par les êtres venus des bas fonds de la nightlife parisienne. Ceux qui ne sont pas partis en vacances, qui vont à Paris Plage avec leur maillot de bain de l’année dernière.



Savez vous pourquoi l'ambiance est si bonne? D’une part, c’est grâce à la musique. DJ Gilou n’est pas qu’un DJ. Il est aux DJs ce que le Chinchilla est aux fourrures : le haut de gamme de chez le haut de gamme. Il sait exactement ce que son public veut, Il sait quoi mettre pour les faire danser, quoi mettre pour les calmer, quoi mettre pour vider les couloirs et remplir la piste et surtout, il répond (souvent, pas tout le temps) aux demandes du public. D’autre part, c’est aussi parce que le public est choisi. N’entre pas au Tango qui veut ! Déjà, les hétérosexuels ne sont pas forcément bienvenus. Pourquoi cette sélection, me demanderez vous ? Je vous renvoie à mon article Hétérophobie pour cela. Je tiens aussi à rappeler que les hétéros sont majoritaires sur la planète. Donc comment ces pauvres chéris peuvent ils se sentir discriminés ? Bientôt, on mettra un dictionnaire à l’entrée, histoire de leur donner la définition du vocabulaire qu’ils utilisent sans en comprendre le sens. Et il a été statistiquement prouvé que neuf problèmes sur dix viennent des hétéros. Un mec qui danse sur une banquette ? Hétéro bourré. L'intérêt du geste? Inconnu. Moi qui ai beaucoup fait la fête dans ma jeunesse, je n’ai jamais eu besoin de danser sur une table pour m’amuser. Un mec qui fume dans les toilettes? Hétéro beauf. Une nana qui pose son sac au milieu de la piste et danse autour avec son mec et ses autres amis qui croient encore que sortir en claquettes ou tongs est cool ? Hétérotte. D’ailleurs, j’avais pris la liberté de demander à une de ces êtres la raison de cette attitude totalement incompréhensible par les gays et les lesbiennes. Son taux d'alcoolémie l’avait empêché de me donner une réponse satisfaisante. Il y a aussi le fait qu’il n’y en avait pas. Vous conviendrez que ce genre de personne ne peut que nuire au bon déroulement de la soirée. Le monsieur de la porte les renvoie gentiment au Macumba ou autres boîtes similaires, conçues pour les accueillir. Il commence même à reconnaître les désespérés qui font semblant d’être homos pour passer le sas d’entrée.



Autre genre de gens qu’on n’aime pas - les pseudos bobos chics. Au début, ils étaient tolérés, mais depuis, on a constaté que leur attitude de faux snobs est une généralité chez eux. J’explique : le bobo chic croit que sa carte gold lui donne le droit de tout faire. Sauf qu’au Tango, la carte n’est pas acceptée. Et qu’ils prennent un verre de coca ou quatre bouteilles de champagne, ils sont traités comme tout le monde. Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas s’asseoir sur les tables ou passer devant tout le monde pour aller fumer après avoir dépensé 200 €. Malheureusement, les bonnes manières ne s’achètent pas. C’est ce même genre de spécimen qui menace de faire fermer la boîte quasiment toutes les semaines. Généralement, ils sont journalistes, travaillent dans la mode, directeurs artistiques ou ont le cousin de l’oncle du grand père de la belle fille de leur ex qui est haut placé. Ou ils sont mythomanes aussi. Autre chose qui est assez déplaisant chez eux, c’est leurs tenues. La veste-cravate est une tenue à la mode pour aller en boîte. Si vous vivez en 2007. 



Et que serait une soirée sans ceux qui arrivent déjà alcoolisés ? Tellement alcoolisés qu’ils tiennent à peine debout. Ils sont drôles ceux là ! Ils arrivent en titubant, sont incapables de parler, ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas rentrer, et affirment qu’ils n’ont pas bu. Lorsqu’ils disent cela avec la canette de bière à la main, c’est encore plus comique. Les amis de ceux qui font partie de cette catégorie sont généralement aussi écervelés que leur camarade est ivre, car ils affirment avec le même aplomb que la personne en question est sobre.



Ces trois catégories de personnes ont souvent des problèmes de compréhension : il faut leur préciser un millier de fois qu’ils ne peuvent pas danser avec leurs verres sur la piste, et s’étonnent lorsque le personnel s’énerve au bout de la mille et unième fois. Ou encore, ils confondent le podium avec les tables : ils le tapissent de bouteilles, de canettes et de verres, alors que les tables prévues à cet effet sont un mètre plus loin. Et on en voit aussi certains qui, lorsqu’on leur demande de ne pas poser leurs verres sur le podium le jettent sur la piste. 



Tout ceci justifie bien la présence du monsieur de la porte, car sans lui, ces trois catégories d’êtres se retrouveront à l’intérieur, et croyez moi, l’ambiance en souffrira!

mardi 12 juillet 2011

Le premier bal musette au Tango en janvier 1995

Cet été, avant le 15ème anniversaire de La Boîte à Frissons, Madame Hervé raconte. Le premier bal musette gay au Tango a été organisé en janvier 1995 dans le cadre de la semaine de la Saint-Sébastien du Centre Gay et Lesbien

J’ai débarqué un jour au tout jeune centre gai et lesbien (installé rue Keller en avril 1994). Je me souviens d’une réunion où il s’agissait de préparer une semaine festive dans le Marais en plein mois de janvier 1995, mois d’hiver. Le prétexte choisi fut de fêter la Saint Sébastien, mais la véritable intention était bel et bien de tenter d’instaurer une sorte de quinzaine commerciale, qui, d’une part donnerait un coup de pouce aux établissements commerciaux durant cette période creuse, et, d’autre part pourrait apporter un peu d’argent dans les caisses du centre. J’ai donc lâché l’idée : je voulais organiser un bal musette gay, car j’en avais marre des soirées techno, et je ne me sentais pas bien dans les boîtes hétéros musette que je fréquentais (Le balajo et la Java).

Ma proposition fit l’objet d’une discussion passionnée. La moitié des gens prédisait un casse-pipe monumental, me traitant de gros ringard : nous étions à l’apogée de l’ère « techno ». Mais l’autre moitié était emballée. Pour trancher le débat et prendre une décision, le bal musette gai et lesbien fut adopté à deux conditions : aucun budget ne lui serait attribué (il fallait se débrouiller !) et il serait placé en milieu de semaine pour ne pas faire de l’ombre à la grande soirée de clôture qui aurait lieu à La Locomotive et devait rester l’événement prestigieux de la semaine.

Ainsi est née ma carrière d’organisateur de soirées : en gros, on m’a laissé faire parce que je ne demandais rien et parce que j’avais une bonne dose de convictions, totalement hors mode, mais qui depuis ont fait leur preuve.

Qu’est-ce que j’avais en tête à l’époque ? Je m’ennuyais de plus en plus dans les boîtes de nuit, et les grandes soirées qui jadis m’avaient tellement marqué plongeaient à leur tour dans le moule tout techno. Je pensais avec nostalgie à mes escapades au Rocambole (boîte délirante en banlieue), je regrettais les premiers bals gays du 14 juillet quai de la tournelle, les booms improvisées à l’université homosexuelle d’été de Marseille, ou encore certaines fêtes d’après Gay Pride, à la Mutualité ou au Cirque d’Hiver. Vous savez, ces fêtes où l’on s’amuse, où l’on se rencontre, où l’on écoute de la musique chargée d’émotions, ces fameux tubes entrés dans la mémoire collective. Donc effectivement ma conception anti-fashion fit hausser beaucoup d’épaules.

J’avais d’abord pensé à organiser cette soirée à La java, dancing populaire de Belleville que je fréquentais assez souvent. Un soir où j’étais un peu éméché, j’y avais dansé une valse avec un copain hétéro du quartier, la salle avait assez bien réagi parce que justement, notre audace avait été interprétée comme une moquerie envers les pédés ! J’étais ensuite allé discuter avec le patron, lui expliquer que je rêvais d’une soirée musette gay pour pouvoir danser sans crainte avec des mecs… Il m’avait répondu simplement : pour 16.000 francs, il pouvait me louer la salle en semaine. C’est donc ensuite que j’eu l’idée de me rendre au CGL pour tenter le coup. Et c’est par hasard qu’ une lesbienne du centre (comme quoi on leur doit décidément beaucoup !) m’a orienté vers Le Tango que je ne connaissais pas et qui accordait des conditions plus intéressantes.

Bref, cette première fête dans le dancing de la rue Au Maire fut le succès inattendu de la semaine de la Saint-Sébastien ! Non seulement la salle fut pleine (et de bonne heure), l’ambiance extra, mais ce fut aussi le seul évènement qui rapporta de l’argent au CGL, car la méga fête à la Locomotive, celle mise en avant dans toutes les galeries de photos des magazines, avait été déficitaire.

Quelques jours après, toute l’équipe du CGL dinait dans un petit restaurant de la rue Keller (tenu par les deux amoureux qui ont ensuite ouvert le restaurant musette Chez Raymonde avenue Parmentier), et c’est là, au moment du dessert, qu’avec les deux copains qui m’avaient le plus aidé, Alain et Eric, nous décidâmes de créer les Gais Musette pour continuer l’aventure !

(A suivre…)

mardi 5 juillet 2011

Les thés dansants associatifs

Cet été, avant de fêter notre 15ème anniversaire en septembre, Madame Hervé se penche sur le passé et vous raconte l'histoire de La Boîte à Frissons.
(Souvenirs des 15 ans - 1)

Bigre, en septembre prochain nous allons fêter les 15 ans de La Boîte à Frissons au Tango. Je commence à me faire vieille. Je m’en suis rendue compte mercredi dernier alors que je réunissais les responsables d’associations pour préparer la prochaine saison des thés dansants : j’ai débuté notre causerie en leur rappelant l’origine de ces rendez-vous hebdomadaires, et la plus grande partie de l’assistance écoutait cela comme de l’histoire que l’on raconte à l’école.

En juin 1996, les organisateurs de la Gay Pride ont subi un terrible échec à la fête post-marche à Bercy. La LGP (Lesbian and Gay Pride) est en faillite et sera sauvée par un tour de passe passe financier : des patrons créanciers vont racheter la marque « gay pride » pour éponger les dettes, en espérant se refaire une santé lors de l’organisation de l’Europride à Paris l’année suivante. Cela revenait en fait à privatiser la marche, même si les formes de l’accord semblaient laisser à la LGP la maitrise politique de la manifestation (on sait comment cela s’est fini : par un divorce à l’amiable et une francisation du nom en « marche des fiertés », car la « Gay Pride » demeure une marque privée).

Donc en juin 1996, à l’heure du bilan désastreux, on s’est rendu compte que la seule fête qui avait rapporté de l’argent était celle qui avait été organisée par les Gais Musette au Balajo ! Et c’est ainsi que cette association, raillée à l’époque par les bien-pensants de l’establishement gay (notamment le journal Têtu) est devenue sponsor du milieu associatif. L’enjeu était de taille, puisqu’il fallait préparer l’Europride et affirmer auprès des commerçants la place des militants.

Ainsi Les Gais Musette qui animaient tous les mois une soirée dansante au Tango ont commencé à en redistribuer les bénéfices à des associations amies, puis des thés dansants ont été organisés. De mémoire, les premières assocs qui en ont bénéficié ont été Contact, l’APGL, la LGP, le MAG, le Beit Haverim, mais aussi Gigi et Bambino le fan club de Dalida (première soirée Darladi Dalida en mai 1997 !)… C’est donc en 1997, pour l’Europride que sont apparus les premiers gros chars associatifs à la gay pride : ils ouvraient la marche, les commerçants suivaient.

Puis, lorsque j’ai ouvert La Boîte à Frissons en septembre 1997, les thés dansants se sont régularisés, pour devenir hebdomadaires. Et cela dure depuis !

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samedi 18 juin 2011

Bal des travs - Collection été 2011

Bal des travs été 2011, bonne cuvée malgré un public timide !

Et un bal des travs de plus. Une soirée magnifique, surréelle même ! Le concept est toujours le même : choisir cinq personnes parmi le public, les emmener en loge et les transformer. Et je peux vous dire que depuis des années, on a tout eu : des garçons en filles, des filles en garçons, des butchs en filles, des folles en mecs et j’en passe. Même si le public fut ce soir plus timide que les autres années, la soirée fut assez réussie.

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Les cinq candidats au baptême de travelotage : quatre garçons de tous les styles, et une fille. Donc, et par ordre d’apparition : Patrick, une diva black, Yelva, une latina voluptueuse, Ludovic (on se demande pourquoi il voulait se travestir, il est plus féminine que la plupart des filles présentes), Jonathan, un beau jeune homme qui n’a pas froid aux yeux, et Nathan, un latino (un vrai). A minuit ils ont été laissés entre les mains de nos maquilleuses habituelles - L’éternelle Mademoiselle Gisèle (j’y reviendrai), Exotica, et Mika (un artiste complet, j’y reviendrai).

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Une heure après, la transformation était faite : quatre jeunes filles (Patrick, toujours en diva black), Yelva en parrain latino (avec de la barbe et tout le reste), Ludo en pétasse style Morticia, Jonathan en élégante asiatique, et Nathan en bombe latina ! Il est vrai que les maquilleuses sont parties sur de bonnes bases, mais le résultat n’en était pas moins époustouflant. Tout ceci était présidé par Madame Hervé, sublime en longue robe noir en velours pailleté, une perruque à la Martha Wash.

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Mademoiselle Gisèle a co animé cette soirée avec son humour pétillant habituel, et on se demande ce que serait la scène du Tango sans elle... Révolu, le temps où elle était une fille timide, avec sa robe à pois en dessous du genou, elle était drapée dans une micro robe dos nu et des bottines à talonnettes.

L’habituel équipe du Tango était à la hauteur de leur réputation. Méziane en Chantal Raclée, lesbienne butch avec des seins 105 E. Gerome, maquillée par Mlle Gisèle, en pétasse - soutif sous sa veste, le nombril à l’air, et 12 centimètres de talons. Gilles en DJ-haad, en burka. Certains y ont vu de la triche, d’autres de l’imagination. Et Yasin en Audrey Hepburn (ou Hepburnes). Petite robe noire en guipure, talons, gants, fume cigarette ET un chignon couture. Un vrai, complet, lisse, serré et surtout beau, fait avec ses cheveux. Une heure trente de travail, par Mika (la Maria Callas des coiffeurs) qui est coiffeur-sculpteur, tellement il est minutieux et travaille mèche par mèche. Le maquillage, de loin le meilleur de la salle, réalisé avec la même précision. Bref, lui qui voulait donner une leçon d’élégance et de classe à tous ces jeunes qui n’ont comme référence que Lady Gaga et Katy Perry, sa mission a été accomplie avec brillance.

Equipe
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Et oui, à peine fini, tout le monde attend avec impatience le prochain bal des Travs, le lundi 31 octobre prochain, présentera les collections d’hiver.

samedi 4 juin 2011

La culture LGBT : un alibi commercial ?

Qui a le culot de nous faire passer une semaine de clubbing techno pour un grand festival culturel LGBT ?

Cela fait des semaines, pour ne pas dire des mois que tous les médias gays nous matraquent avec le «1er festival des cultures gay LGBT de Paris » qui va se dérouler pendant la semaine de la Gay Pride. Est-ce que l’on se moque de nous ? Ou est-ce que l’on nous prend vraiment pour des niais ?

« Paris Circuit Party » est en fait une semaine de clubbing à grande échelle judicieusement organisée pendant la semaine de la Gay Pride. Point. Tout le reste n’est que de l’habillage pour épater, et probablement pour récolter, sinon des sous, du moins des soutiens. Par exemple, la mairie de Paris est partenaire : décidément les princes de l’hôtel de Ville sont bien mal conseillés.

Pour la petite histoire, l’organisateur de ce pseudo-festival, Denys Fischer, est venu me rencontrer en janvier. Il m’a sorti son discours du mieux disant culturel : une semaine d’évènements, des expos, des débats, du théâtre, de la chanson, du cinéma… Il m’a surtout vanté les perspectives d’une communication monstrueuse ! Je lui ai parlé culture : les visites de Paris Gai Village, le spectacle sur la chanson homosexuelle, un grand débat « Pourquoi la prévention du Sida n’intéresse-t-elle plus les gays ? ». Autant vous dire que je n’ai plus eu aucune nouvelle de lui ! Jusqu’à ce que son « RP » m’appelle, il y a quelques semaines, pour me demander comment je comptais m’associer à leur formidable festival ! Je suis resté poli…

Cela m’amuse donc de voir cette orgie de communication autour de ce non-événement. La presse gay est bien forcée de relayer l’information d’un gros annonceur publicitaire (y compris les sites internet qui se proclament plus indépendants !), mais la Mairie de Paris, que vient-elle faire dans cette galère ?

Mine de rien c’est tout une conception de la vie publique qui est en jeu : le fric et les copains dictent la politique, les militants se laissent déborder par une privatisation miroir aux alouettes et la cause gay y perd son âme et sa culture ! Il serait peut être bon qu’un jour l’Inter LGBT oublie le traumatisme du fiasco du Bercy Gay de 1996, et se mette au travail pour offrir un véritable programme culturel autour de la marche des fiertés.

PS : Bon, en attendant cette « Paris Circuit Party » (prononcez de préférence avec l’accent américain), venez donc assister cette semaine à un tout petit évènement (qui a bénéficié d’une com ridiculement artisanale, sans attaché de presse, ni « RP »), mais qui en revanche, est un vrai spectacle, qui plus est, hautement culturel : en 1 h 30 vous aurez droit à un tour d’horizon complet de la chanson gay française…
Chantons dans le placard
Une comédie théâtrale et musicale de Michel Heim
Mardi 7, mercredi 8, jeudi 9,
Mardi 14, mercredi 15, jeudi 16 juin à 20 h 30
AuTango.
Entrée 20 euros. Places assises.
Réservation conseillée : resa@boite-a-frissons.fr
www.chantons-dans-le-placard.com

vendredi 27 mai 2011

En juin nous ouvrons le placard !

La Bande annonce de "Chantons dans le placard", l'avant première au Tango du 7 au 16 juin !

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