Un gentil garçon m’écrivait il y a quelques jours pour m’annoncer qu’il était chargé d’organiser au Tango l’enterrement de vie de jeune fille de sa meilleure copine, de surcroît fille à pédé… La fille en question devait débarquer en limousine, déguisée en Dalida et être accompagnée de 15 personnes… Je l’ai donc aussitôt dissuadé et conseillé d’orienter sa joyeuse équipe vers des boîtes plus adaptées… plus grandes et plus hétéro-beauf…

Cela fait longtemps que la consigne donnée aux agents de sécurité à l’entrée est claire : pas d’enterrement de vie de jeune fille à La Boîte à Frissons. Ne serait-ce que par esprit féministe ! Imaginez, ces pauvres filles, qui s’adonnent pour un soir à toutes les excentricités les plus stupides et régressives, et cela pour la dernière fois de leur vie ! Pauvre jeune fille qui renonce ainsi à sa liberté ! Pour une Taulière libertine et polygame, le concept d’enterrement de vie de célibataire est trop triste : hors de ma vue, svp ! Pas de cela chez moi !

Par ailleurs, ces groupes ne veulent jamais comprendre qu’ils perturbent l’ambiance de la boîte. Et parfois, ils s’indignent qu’on les refuse en invoquant leur statut de clients habitués. Mais bon sang, pourquoi un habitué, individuellement gentil, devient-il si stupide, grossier et mal venu lorsqu’il vient en groupe accompagner sa copine, jeune fille en sursis, ou encore lorsqu’il fête un anniversaire ou un PACS avec tous ses amis hétéros (ou homos d’ailleurs). Car tout d’un coup, les membres de ce groupe occupent tout l’espace de la boîte, bousculent tout le monde, hurlent ou sifflent comme s’ils étaient sur un terrain de foot… Ils ne se rendent même pas compte qu’ils gênent. Notre ambiance est une alchimie fragile qui supporte mal ces agressions.