Ne me forcez pas, je n'aime pas le luxe !
Par Madame Hervé le mardi 21 septembre 2010, 13:47 - Cartes postales - Lien permanent
Pourquoi Madame Hervé n'aime pas les hôtels de luxe ?
Le luxe provoque en moi un double sentiment : je suis partagé entre la fascination et la répulsion. Prenons l'exemple des hôtels.
Dans certains pays exotiques, vous pouvez vous payer un palace pour le prix d'un hôtel deux étoiles en France. Il est assez difficile de ne pas succomber à la tentation : imaginez, un ancien bâtiment rénové, une chambre immense, un jardin luxuriant, une piscine, une salle de bains de la surface de votre chambre parisienne, un personnel discret et poli...
Certes, mais se faisant vous devez accepter d'entrer dans le ghetto des riches, et croyez moi, il est beaucoup plus immonde que le ghetto gay !
Votre îlot paisible de verdure est protégé par un mur, et son entrée est surveillée par un gardien en uniforme qui s'ennuie là jour et nuit. Pendant que vous prendrez votre bain dans la piscine, vous serez observé par un jardinier, accroupi dans un coin, occupé à ramasser les mauvaises herbes ou replanter des fleurs. Il est probable que le prix de votre chambre (si étonnamment bon marché pour vous) représente au moins deux fois son salaire mensuel. Bon j'arrêterai là la démonstration. Goûter au luxe est d'autant plus culpabilisant que vous êtes dans un pays pauvre. Et je vous l'accorde, c'est injuste, car chez nous, les riches peuvent jouir du luxe sans état d'âme.
Mais pire encore ! Dans le ghetto luxueux de votre palace vous devrez vivre avec les autres clients du lieu. Et alors, quel ennui ! Que des « blancs » (j'emploie ce terme issu de l'époque coloniale), oui que des touristes du monde occidental riche. C'est un peu paradoxal mais c'est ainsi, les riches locaux ne se mêlent pas aux touristes et ils ont d'autres hôtels pour eux, mais là ne rêvez pas, vous n'aurez pas les moyens de vous les payer !
Le touriste blanc réfugié dans son havre de verdure est chiant. Il évolue dans l'hôtel en silence, vous dit à peine bonjour, ne sourit pas. Il n'a probablement pas non plus l'habitude de tout ce luxe et n'est pas vraiment à l'aise. S'il est vraiment bourgeois, il paraît plus détendu, mais enveloppé dans sa dignité ne parvient pas à masquer son ennui blasé. Donc vous avez parcouru des milliers de kilomètres pour goûter à l'exotisme, pour rencontrer une autre culture, et vous vous retrouvez parqués dans un théâtre d'ombres, au confort normalisé à la mode occidentale...
C'est l'écrivain québécois Michel Tremblay, qui m'a permis de dépasser mes sentiments contradictoires vis à vis du luxe. Lorsqu'il était venu à Paris assister à la première de sa pièce « la duchesse de Langeais », j'avais voulu l'inviter dans un grand restaurant, il avait décliné mon invitation : « Non, je n'ai pas été élevé avec le goût du luxe, il me rend mal à l'aise ». Du coup je l'avais emmené déjeuner à la guinguette du Martin Pêcheur sur les bords de la Marne. Et pour moi ce fut une sorte de révélation. Lui ce grand écrivain, si connu, probablement très riche, restait fidèle aux valeurs qu'il avait si bien décrites dans ses livres.
C'est comme dans l'histoire où le roi est nu ! Les hôtels luxueux sont non seulement socialement immoraux, mais aussi d'un tel ennui ! Il suffit juste de le dire.
)


Commentaires
J'aime me payer le Luxe d'aller bousculer l'establishment hétéro-conventionel avec des incursions versions "Tgirls" dans ces hauts lieux très luxieux et assez fermés...et je peux dire que cela sort tous ces gens de l'ennui dans lequel ils se trouvent lorsqu'ils nous voient !!!
(http://natachaglam.com/2010/10/31/e...)
Natacha
J'aime me payer le Luxe d'aller bousculer l'establishment hétéro-conventionel avec des incursions versions "Tgirls" dans ces hauts lieux très luxieux et assez fermés...et je peux dire que cela sort tous ces gens de l'ennui dans lequel ils se trouvent lorsqu'ils nous voient !!!
(http://natachaglam.com/2010/10/31/e...)
Natacha