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mars 2012

jeudi 29 mars 2012

Le combat pour un autre Centre LGBT

Ne ratez aucun épisode du feuilleton lgbt-esque de l’année : la fusion du Centre LGBT Paris ÃŽdF et de l'Inter LGBT. Madame Hervé résume les premiers épisodes et vous éclaire sur tous les tenants et les aboutissements.

- Fin décembre :

Madame Hervé, Taulière du Tango, mais aussi vieille militante passionnée de mémoire lgbt, s’offusque dans son blog du projet de fusion entre le Centre LGBT et l’Inter LGBT.

- Début Janvier 2012 :

La Présidente du Centre pique une grosse colère. Madame Hervé qui était jusqu’à ce jour une bonne copine, bienfaitrice des associations lgbt, est trainée dans la boue, invitée à se retirer du Centre, soupçonnée des pires ambitions personnelles, accusée de n’être qu’une vile patronne mercantile.
Pendant ce temps, on apprend qu’un mystérieux groupe de travail élabore un projet de rapprochement entre le Centre lgbt Paris ÃŽdF et l’Inter lgbt. Il serait composé, entre autres des policiers (le FLAG) et des « personnes qui exercent des responsabilités en entreprise Â» (L’autre Cercle, souvent surnommé le rotary club gay et lesbien).
Le combat au Centre LGBT s’engage !

- Fin janvier :

Certains voient dans tout cela une simple querelle personnelle : ils ont presque le même âge, ils se connaissent depuis longtemps, Madame Hervé, devenue en l’occurrence « Monsieur Latapie Â» et Christine Le Doaré, CLD en abrégé, entament un grand combat pour le pouvoir, la lesbienne contre le gay. En fait derrière cette polémique s’affrontent bel et bien deux conceptions de la vie militante. Mr Hervé défend le travail de terrain (l’accueil, la prévention, la culture), et CLD privilégie la communication politique (faire du lobbying).
Monsieur Hervé décide d’appeler à la mobilisation, constitue un groupe facebook, réunit un début d’équipe. On les nommera les « pro-autonomie ». CLD dispose de la maitrise du Centre, elle est entrée au conseil d’administration en 1999 (Présidence de Caroline Fourest) et en est Présidente depuis 2005.

- Début février :

En croyant simplement dénoncer les horribles intentions de ce projet de fusion, les pro-autonomie découvrent l’ampleur des dégâts au Centre LGBT. Les témoignages affluent. CLD a instauré dans le Centre un climat délétère : absence de démocratie, autoritarisme, pression morale sur les dissidents, turn over des salariés et départs fracassants de volontaires. Au bout du compte le Centre vivote, délaisse la prévention du sida, se complet dans un décor affreux, présente un programme culturel peau de chagrin.
Pendant ce temps, dans l’ombre, le Président de l’Inter LGBT (Thomas FL), assisté de son porte parole (Nicolas G) continuent d’œuvrer avec CLD : Ils veulent aller vite, que l’Inter s’installe au Centre, qu’une commission politique y soit introduite, que le Centre regroupe à terme tout le monde lgbt, qu’ils puissent produire de beaux communiqués de presse, devenir importants. En bons managers, ils pensent « synergie », « regroupement », « Ã©conomies d’échelle Â» et font rêver tous les gentils militants associatifs : bientôt l’union fera la force et les LGBT triompheront. Du reste pour les présidentielles leur joujou va être d’organiser un meeting dans une salle prestigieuse, comme font les grands partis politiques : en une soirée ils vont dépenser des milliers d’euros et comme ça ils espèrent passer au 20 heures de TF1 !
« Les motivations de l’engagement associatif lgbt », voilà ce qui serait un beau thème d’article people pour le magazine masculin Têtu.

- Fin février :

Et la mobilisation se mit en place. Les pro-autonomie se mirent à cogiter. Et si au lieu de faire cette fusion mégalo on faisait vraiment du Centre LGBT la maison de toutes et tous. Si on faisait en sorte que l’on y soit accueilli dans un cadre plus fun (mince on est des folles, la décoration intérieure c’est très homosexuel, non ?). Et si on reprenait en mains la prévention du sida chez les gays ? Et si le Centre devenait un grand lieu d’élaboration de la culture lgbt, un lieu où l’on irait écouter nos anciens raconter leur vie et où des jeunes universitaires viendraient présenter leurs études de genre (très à la mode le genre !).
Un site fut mis en ligne pour présenter ce projet et une réunion publique organisée dans le bar mythique Le Duplex. Objectif : se présenter à l’assemblée annuelle du Centre pour proposer ce programme et se faire élire au conseil d’administration.
Imaginez le défi et l’ambiance juste avant cette AG. Un groupe de copains copines, des militants de tous âges, des débutants et surtouts débuTANTES, entraînés dans une dynamique collective, juste pour se mettre au travail, imaginer, faire évoluer, améliorer. Tout ce monde pensait être accueilli à bras ouverts : vous en connaissez beaucoup vous aujourd’hui, en ces temps de pénurie de militants, des gens prêts à s’investir bénévolement pour la Cause ?
C’était bien mal évaluer la capacité de la Présidente du Centre à régner sur son monde.

- 3 mars 2012 :

Ce fut le grand jour : l’Assemblée Générale du Centre ! Camionnette de la police stationnée dans la rue, CRS en uniforme devant la porte, inspecteur des RG en civil dans le hall d’entrée. L’AG a été conçue comme un combat par la présidente qui nous a pris pour de vulgaires putschistes. Micro à la main, lieutenants à ses côtés, liste des électeurs soigneusement épurée, pouvoirs de vote préalablement bien distribués, statuts allègrement foulés, vote à bulletin secret refusé, CLD a donné le meilleur d’elle-même. Le combat n’était pas loyal. Les pro-autonomie n’ont même pas eu l’occasion de présenter leur projet, alors que celui de la fusion fut longuement exposé avec un power point fastidieux (je suis allergique à power point, le logiciel qui révèle votre manque de charisme !).
La grande majorité des volontaires du Centre ont voté pour CLD, y compris ceux et celles qui dans les couloirs se plaignaient des méthodes de la Présidente et de l’ambiance plombée. Mais il est vrai que pour finir de les convaincre de la suivre, elle leur a promis de quitter le Centre dans six mois… A moins justement que cette fameuse fusion se fasse, dans ce cas elle pourrait rester, à un autre poste, il parait qu’elle rêve de devenir la « porte parole ». Douée comme elle est pour le dialogue et la synthèse, cela promet !

- Mars 2012 :

Depuis l’AG l’ambiance ne s ‘améliore pas. Des rumeurs de chasse aux sorcières circulent, des courriers menaçants sont envoyés aux volontaires de l’opposition, CLD aimerait que les démissions tombent.
En revanche l’Inter LGBT prend déjà ses marques, ses responsables deviennent omni présents : ils montrent déjà à quoi ressemblera leur future méga structure fusionnelle ! Ils installent une salariée dans un bureau du Centre, et se réunissent beaucoup (si certaines associations membres ont du mal à obtenir de temps en temps une salle, ce n’est pas le cas de L’Inter !). Ils préparent avec fébrilité leur grand meeting aux Folies Bergères, sous l’œil effaré des anciens militants : comment peut-on dépenser autant d’argent en si peu de temps ? (un trésor de guerre durement acquis après une faillite retentissante en 1996) Espérons que le show sera à la hauteur des sommes engagées…

Et nos « pro-autonomie Â» ? Où en sont-ils ? Comment vont-ils réagir après leur déconfiture ? Vous le saurez bientôt en lisant les prochains épisodes de ce feuilleton !

Rejoignez le groupe facebook : "Pour un centre LGBT autonome et dynamique".
Le site internet des pro-autonomie.
Contact : centrelgbt.autonome@gmail.com

mercredi 28 mars 2012

Bal du printemps et éloge de l'accordéon

Retour de la musique vivante vendredi dernier, ambiance guinguette avec Erminio Valente à l'accordéon et Alvaro Lombard pour l'accompagner en chantant ! La magie de La Boîte à Frissons.

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J'adore voir des curieux, ou de simples gens de passage, s'arrêter devant l'enseigne du Tango et s'amuser du sous titre : La Boîte à Frissons.

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Hum, qu'est ce qu'ils s'imaginent ? On y frissonne ? Les yeux brillent, l'imagination s'enflamme. Et c'est là que Madame Hervé a le plaisir d'étaler sa culture. Non, non, ce n'est pas ce que vous croyez... Jadis, à l'époque de l'apogée du musette, dans le Paris des années 30, les accordéonistes ont surnommé leur instrument magique : leur boîte à frissons. Et c'est ainsi qu'en 1997, cherchant un nom pour ma toute nouvelle société, j'ai déposé la marque "La Boîte à Frissons" et baptisé ainsi le bal gay et lesbien que j'installais au Tango. C'est un peu culotté de privatiser du patrimoine populaire, mais c'était davantage pour m'assurer l'usage de l'expression que pour empêcher les autres de s'en servir.

Cela faisait bien longtemps que l'on n'avait pas entendu un accordéon à notre bal, pour notre début de soirée qui est unique en son genre. Or c'est aux alentours du printemps que s'ouvrent les guinguettes, et c'est pourquoi vendredi dernier Erminio Valente et Alvaro Lombard étaient là pour vous faire danser. Comme tous les autres accordéonistes venus à La Boîte à Frissons, Erminio n'a pas caché son plaisir, d'une part de venir dans ce lieu mythique qui a accueilli jadis tant et tant d'orchestres, mais aussi parce qu'il a trouvé un public tellement réceptif, et tellement interlope !

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Mais j'aurai peut être dans quelques temps de nouvelles occasions de vous parler du musette : un soir de la semaine prochaine va se réunir au Tango une bande de passionnés qui veulent créer une "académie du musette". A suivre...

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L'historique de la salle Le Tango (Ecrit par Lucien Lariche).