Théâtre / Création en
France de la pièce de Michel Tremblay
Monologue d’un travesti
La Duchesse de Langeais a une peine de coeur.
De cul, préfère-t-elle préciser, elle qui se croyait immunisée
contre " ça ", l’amour, après plus de quarante années passées
aux quatre coins du monde à faire des folies de son corps au
cours de nuits mondaines. " Ce soir, on fait pas l’amour, on
se soûle. " Déjà passablement éméchée sans pour autant se résoudre
au sommeil comme pour se convaincre que la vieille pédale damerait
encore le pion à plus d’un jeunot, elle noie désespérément sa
solitude dans le whisky, réglant quelque comptes, se remémorant
les frivoles cabrioles qui lui valurent ses titres de noblesse,
ses talents d’imitatrice, ses précoces expériences (dès l’âge
de 6 ans) contraintes par un cousin dégénéré ou ses premières
passes, six ans plus tard dans les cinémas de Montréal...
Ce monologue, une des premières pièces de Michel Tremblay (pilier
de la littérature et du théâtre québécois) écrite à la fin des
années 60, est jouée pour la première fois en France, dans un
dancing interlope du Marais. Interprétée par Denis D’Arcangelo
sans grandiloquence excessive, sobrement mis en scène par Christian
Bordeleau façon cabaret, la prose de Michel Tremblay résonne
avec attendrissement et cynisme. L’auteur fera d’ailleurs à
cette occasion le voyage, pour une causerie mercredi 16 à 20h30
au bar La Petite Vertu, juste à côté.
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